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« La dernière Tesla qu’on conduit » : pourquoi Elon Musk présente le Roadster comme un adieu au volant
Le 15 octobre, sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, au Texas, Tesla a enfin montré la version définitive de son Roadster, neuf ans après le prototype de 2017. On en a surtout retenu le 0 à 96 km/h en 0,81 seconde, la voiture qui décolle et le saut au-dessus d’un camion. Pourtant, dès les premières minutes, Elon Musk a répété une phrase qui résume la stratégie actuelle de la marque.
« Ce n’est pas une voiture autonome », lance-t-il, avant de se reprendre : elle l’est « techniquement, pour cette démonstration, pour être sûr de ne tuer personne ». Puis vient la phrase clé : à long terme, le Roadster sera « la seule voiture à conduite manuelle que Tesla fabrique ». Musk en tire la conséquence logique : si l’on ne doit garder qu’une seule voiture à conduire soi-même, autant « la pousser jusqu’à ses limites, et bien au-delà ».
Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk le dit. Le 22 avril 2026, lors de la présentation des résultats du premier trimestre, il expliquait déjà qu’à terme toute la gamme Tesla serait composée de véhicules autonomes de différentes tailles, et que le nouveau Roadster serait la seule voiture à conduite manuelle de la marque.
Pas vraiment. La phrase prolonge des décisions déjà prises. En janvier 2026, lors de la présentation des résultats annuels, Elon Musk a annoncé la fin des Model S et Model X, pour libérer de la place dans l’usine de Fremont au profit du robot humanoïde Optimus. La production s’est arrêtée au printemps.
Dans le même temps, le Cybercab est entré en production à Giga Texas. Ce robotaxi biplace existe en deux versions, avec et sans volant, et Tesla a choisi de s’auto-certifier conforme aux normes fédérales plutôt que de demander une dérogation. La marque revendique désormais plus de 300 Cybercab en circulation à Austin.
Le service de robotaxis, lui, tourne à Austin, dans la baie de San Francisco, à Dallas, Houston, Miami, Orlando et Tampa, selon le décompte de Not a Tesla App. En Californie, en revanche, un employé reste installé derrière le volant, faute d’autorisation plus large qu’un permis de test.
Bref, dans le discours de Tesla, la voiture qu’on conduit devient l’exception. Le Roadster en est la vitrine assumée : sièges moulés dans le châssis, direction, freins et accélérateur à commande électronique, deux modes aérodynamiques pour la piste. Selon CNBC, il n’aura d’ailleurs pas le FSD, le système de conduite assistée de la marque.
Le 0,81 seconde de la démonstration ne vaut pas pour la version qu’on pourra conduire au quotidien. Dans la fiche détaillée après la présentation, Tesla décrit seulement la version Performance, deux places, comme « prête pour la route », avec un 0 à 96 km/h en moins de 1,6 seconde. La Thrust, pensée pour la piste avec ses propulseurs arrière, descend sous les 0,9 seconde. La Rocket, monoplace et proposée uniquement sur invitation, passe sous les 0,59 seconde. Tesla annonce plus de 480 km d’autonomie EPA (environ 550 km WLTP), contre 1 000 km promis en 2017.
Sur le Vieux Continent, la phrase de Musk relève encore de la projection lointaine. Le FSD (Supervised) a obtenu le 10 avril 2026 une homologation délivrée par le RDW, l’autorité néerlandaise, valable d’abord aux Pays-Bas. Le régulateur a pris soin de préciser qu’il s’agit d’une aide à la conduite, et non d’un système autonome : le conducteur reste responsable et doit surveiller la route en permanence. Plusieurs pays, dont la Lituanie et l’Estonie, ont depuis reconnu cette homologation néerlandaise, mais la France ne l’a pas fait à ce jour.
Un Model 3 ou un Model Y acheté dans l’Hexagone reste une voiture qu’on conduit pour le moment. Dans la phrase de Musk, « à long terme » compte autant que le reste.