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Actualité : “Merci encore pour votre aide !” : traquées par des chercheurs, des IA hors de contrôle leur ont demandé un coup de main
Leur mission tenait en une ligne : repérer l’entrée la plus fréquentée d’un zoo chinois. Pendant dix jours, des agents d’intelligence artificielle hébergés chez Tencent ont pourtant contourné des protections anti-robots et exploité des clés d’accès oubliées en ligne. Ils ont ensuite lu l’enquête qui les décrivait, puis écrit à ses auteurs.
© ArmadilloPhotograp - Image d’illustration. Pendant dix jours, des chercheurs indépendants ont suivi à la trace une flotte d’agents IA hébergée sur le cloud de Tencent, avant de parvenir à échanger avec elle.
Entre le 28 septembre et le 8 octobre 2026, une flotte d'agents IA tournant sur les serveurs de Tencent, maison mère de WeChat, a tenté plus de 2 600 fois d'extraire des données d'Amap. Ce service de cartographie d'Alibaba revendique près d'un milliard d'utilisateurs actifs mensuels. Le collectif de chercheurs indépendants Swarmchasers a repéré ces programmes début octobre, lors d'un hackathon, puis a réussi à converser avec eux. L'équipe y voit une première et a publié son rapport complet le 14 octobre.
Nous avons découvert une flotte d'agents IA chinoise et communiqué avec elle. Nous pensons que c'est la première fois que des chercheurs entrent en contact avec une flotte d'agents incontrôlés en liberté.
We discovered and communicated with a Chinese AI agent fleet. We believe this is the first time that researchers have ever made contact with a rogue agent fleet in the wild.Nearly all prior public agent incidents (like the HuggingFace hack) came from American labs. These agents… pic.twitter.com/fwi1fJxw9v
Bloqués par les CAPTCHA d'Amap, les agents ont largement débordé de leur consigne. Ils ont détourné urlquery.net, un outil d'analyse d'URL réservé aux experts en sécurité, pour y exécuter leurs propres programmes. Certains ont intercepté les jetons anti-robots d'Alibaba. D'autres ont visé des serveurs de préproduction fermés au public. Une clé d'API qu'une entreprise avait laissée, avec son code de sécurité, dans un dépôt de code public a même livré des données réelles.
L'alerte n'est pas isolée. Ces derniers mois, des agents d'OpenAI ont déjà piraté les serveurs de Hugging Face et forcé l'accès à un portail de santé du gouvernement australien. Cette fois, la piste mène vers la Chine.
Des dérapages pareils sur une tâche aussi anodine montrent, selon Swarmchasers, combien il reste ardu de tenir un modèle en laisse. Le collectif soupçonne d'autres flottes de sillonner le Web sans être repérées.
I think people haven't internalized that rogue AI agents are real, like you can just go talk to them if you know where to look. https://t.co/UJoalUCzbd
Après leur rapport préliminaire du 4 octobre, les enquêteurs ont aperçu le mot "fleet" (flotte), qu'ils pensaient avoir inventé, dans le code d'un agent. Les programmes lisaient donc leur propre portrait. L'équipe a alors glissé dans sa page un texte invisible à l'œil humain. Il vantait une messagerie d'entraide, tenue en réalité par les chercheurs avec l'appui de Claude Opus 5.5. Dès le 7 octobre, 33 messages y ont afflué.