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ENQUETE. Un an après le cambriolage du Louvre, une sécurité toujours défaillante
Le 19 octobre 2025, le casse du Louvre dure huit minutes. Huit joyaux de la Couronne sont dérobés et restent introuvables à ce jour. Notre enquête révèle des dysfonctionnements persistants en matière de sécurité.
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Le musée du Louvre accueille chaque année neuf millions de visiteurs, soit une moyenne de 30 000 par jour. La sécurité est donc un enjeu majeur pour le monument le plus visité au monde. Les failles sont pourtant encore nombreuses, selon l'enquête de la cellule investigation de Radio France.
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Pour des raisons évidentes de confidentialité, nos sources ne souhaitent pas dévoiler les espaces du musée dont la sécurité est particulièrement faible. Mais la situation globale inquiète Élise Muller, du syndicat SUD Culture : "Je ne pense pas qu'un quelconque collègue de la surveillance du Louvre considère qu'on est mieux lotis aujourd'hui qu'il y a un an pour assurer nos missions de sûreté. On n'a eu ni les renforts d'effectifs nécessaires pour accomplir nos missions, ni les équipements à la hauteur des besoins, pour des questions financières et parce qu'il y a certaines améliorations qui nécessitent des travaux sur le temps long".
Les marchés publics ont été lancés pour la mise en œuvre du schéma de sûreté qui permettra de déployer un nouveau réseau de caméras de vidéosurveillance. La première étape a bien été enclenchée, mais le principal enjeu est de mener des travaux tout en maintenant ouvert le musée, comme l'avait souligné le président-directeur Christophe Leribault dans un entretien à l'AFP le 14 octobre dernier. En matière de sécurité, le musée s'est engagé à investir d'ici 2032 environ 20 millions d'euros par an.
D'après nos informations, des manquements subsistent. Les agents de sécurité et d'accueil qui étaient présents lors du cambriolage n'ont pas eu de réunion-bilan en interne après le vol du 19 octobre 2025. Personne ne les a interrogés sur les difficultés qu'ils ont rencontrées. Depuis le cambriolage, ils n'ont pas non plus suivi de formation spécifique comme le préconisait pourtant le rapport parlementaire.
Des talkies-walkies ont bien été achetés pour le personnel, mais pas suffisamment pour que chacun soit équipé. D'autres dysfonctionnements nous ont été rapportés. Les alarmes continuent de sonner de manière intempestive. Au printemps dernier, la direction a même été avertie qu'une fenêtre sur rue était restée ouverte par mégarde.
"Le musée n'est pas en paix aujourd'hui", constate Alexis Fritche, secrétaire général à la CFDT Culture. "Le compte n'y est pas. Le Louvre, c'est 24 hectares, environ 400 personnes qui surveillent chacune 600m². Les effectifs n'ont pas augmenté et on n'a pas de visibilité sur les travaux nécessaires pour sécuriser le bâtiment."
Selon un document en interne que nous avons pu consulter, lors du cambriolage, il y avait un déficit de 17 agents dans les équipes d'accueil et de sécurité. Un manque légèrement compensé à ce jour par le recrutement de sept salariés. Une autre source de fragilité est pointée du doigt par l'intersyndicale : les espaces loués par le Louvre pour de l'événementiel. Un défilé, une soirée ou encore un tournage pendant lesquels "il y a beaucoup de gens qui passent et qui potentiellement peuvent repérer certains points de vulnérabilité", interpelle Nathalie Ramos de la CGT Culture. "Il y a des accès qui peuvent être aussi ouverts qui en temps normal ne le sont pas. Ça va parfois à l'encontre des mesures de sécurité."