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Priorités refusées et place de l’Étoile sans les mains : j’ai testé la conduite autonome de BYD après celle de Tesla, et il y a encore du travail
Avec son FSD (récemment renommé TCA en Europe), Tesla semble avoir pris les rênes de la conduite semi-autonome aux États-Unis et en Europe, que les pays autorisent un par un – la France, après quelques réticences, devrait finir par dire oui.
Évidemment, tout cela aiguise l’appétit des marques chinoises. Le Mondial de l’Auto en est le bon exemple : outre Xpeng, qui fait tester son XNGP aux visiteurs, BYD nous a convié pour une découverte de son système maison, baptisé « God’s Eye » en Chine, dans une version compatible avec les règles européennes.
Rappelons la base : en Chine, BYD équipe l’intégralité de la gamme de son système « God’s Eye », allant de la minuscule Seagull à 9 300 euros à la démoniaque Yangwang U9 à 240 000 euros. En cumulé, 2,5 millions de BYD étaient équipées de ce système en Chine à la fin 2025.
À vrai dire, il s’agit plus précisément d’un terme ombrelle, regroupant trois technologies. Le God’s Eye C, le plus économique, embarque un ensemble de caméras et de radars pour proposer une conduite semi-autonome comparable à ce qu’on a en Europe : régulateur adaptatif, maintien actif en voie, stationnement automatique.
Le God’s Eye B, le niveau intermédiaire, muscle ses capacités de calcul ainsi que ses capteurs, avec notamment l’arrivée d’un LiDAR au-dessus du pare-brise. Il élargit donc son domaine de compétences et débloque la conduite assistée en ville et sur autoroute, se calquant donc sur le FSD de Tesla.
Enfin, le God’s Eye A est réservé à Yangwang, la marque d’ultra-luxe de BYD, et fait péter les compteurs : 3 LiDAR et 600 TOPS de calcul. Le système fait à peu près la même chose que le niveau B (conduite assistée en ville et sur autoroute), mais la redondance supplémentaire est censée rendre l’expérience plus fluide… même si la réalité semble plus nuancée que cela, avec des retours d’utilisateurs parfois inquiétants.
Cette multiplication des capteurs (notamment la présence des LiDAR) est, pour BYD, « le moyen le plus sûr et le plus performant pour la compréhension de l’environnement », occasionnant de fait une rupture majeure avec Tesla et Xpeng, dont les systèmes ne reposent que sur des caméras.
Pour l’Europe, BYD s’est focalisé sur le God’s Eye B, tout en apportant plusieurs modifications. La première est sémantique, avec la disparition (heureuse) du nom chinois pour un plus anonyme mais plus acceptable « CNOA » (ou « conduite intelligente en environnement urbain » en bon français).
L’autre, et c’est le plus gros du travail, consiste à adapter le système à la réglementation et aux subtilités de la conduite européenne. Les essais sont déjà en cours, avec Paris comme base : d’après BYD, 10 000 km ont déjà été parcourus en « conduite intelligente » dans la capitale, et ce n’est qu’un début – si vous croisez une Denza ou une BYD avec des plaques roses intra-muros, regardez si le conducteur tient ou non le volant.
BYD reste extrêmement vague sur la date d’arrivée en Europe, se contentant d’évoquer 2027, mais sans indication plus précise : février ? Août ? Mi-décembre ? À vrai dire, personne ne semble réellement savoir.