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Mobilisation du 17 octobre : une adolescente de 17 ans perd un œil
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
À Mulhouse, une adolescente de 17 ans a définitivement perdu l'usage d'un œil en marge de la manifestation du 17 octobre. La police des polices enquête pour violences aggravées. La nature du projectile reste encore à déterminer.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une adolescente de 17 ans au sol, le visage ensanglanté. Autour d'elle, de nombreux manifestants tentent de lui venir en aide. Il est 17 heures, samedi 17 octobre, à Mulhouse (Haut-Rhin). La jeune fille vient de recevoir un projectile à l'œil gauche. Elle en perdra définitivement l'usage quelques heures plus tard. Un manifestant, qui ne souhaite pas montrer son visage, a assisté à toute la scène : "La fille était contre la vitrine, apeurée avec sa copine, parce qu'elle a commencé à avoir un mouvement de foule. Et à ce moment-là, les policiers ont commencé à tirer. Ils nous prenaient en joue. Donc ils tiraient à tir tendu et pas en l'air. Et j'ai vu à ce moment-là la cartouche de lacrymo taper dans l'œil de cette fille."
Selon lui, ce serait donc une cartouche de gaz lacrymogène qui aurait atteint l'adolescente. Avec d'autres témoins, ils la mettent alors à l'abri devant un portail : "Vous voyez, là dans la rue, il y a encore du sérum, du papier, tout ça. Elle était juste mal et absente. On la voyait devenir de plus en plus pâle. 'Je vais me faire tuer par mes parents, ils vont croire que j'ai manifesté'. Ce sont les seuls mots qu'elle a dits."
Selon la famille qui n'a pas souhaité s'exprimer, la jeune fille n'était effectivement pas venue manifester, mais sortait d'un restaurant avec une amie lorsqu'elle a été touchée. Au même moment, Simon Soussan, un commerçant, était reclus dans sa boutique à quelques mètres de là. Il filme des images de chaos dans un nuage de gaz lacrymogène. "Il y avait en fait les manifestants, la police sur les rails de tram. Et quand justement il y avait ces attroupements, la police chargeait, ils (les manifestants) reculaient jusqu'à peu près au milieu de la rue. C'était vraiment, j'insiste sur ça, une zone de guerre."
L'adolescente est finalement évacuée, soutenue par plusieurs témoins jusqu'à un camion de pompiers. Comment expliquer cette blessure ? Dans un communiqué, le parquet de Mulhouse confirme l'usage de moyens lacrymogènes face à la tentative de pillage de plusieurs commerces. Pour déterminer le déroulé des faits, la justice a saisi l'IGPN, la police des polices, qui a commencé dès aujourd'hui son enquête pour violences aggravées. Des investigations qui s'annoncent, selon le procureur, particulièrement complexes.
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