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Comment les enquêteurs vont-ils exploiter les images filmées pendant les émeutes pour retrouver les pilleurs ?
Pour retrouver les auteurs de pillages et de saccages de rues, les enquêteurs disposent de milliers de vidéos filmées qui se retrouvent sur les réseaux sociaux, ainsi que d'un logiciel très puissant pour recouper les informations : le TAJ
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Près de 2 400 personnes ont été interpellées, après les émeutes qui ont marqué la journée de mobilisation contre la vie chère, samedi 17 octobre, partout en France, et des dizaines de jugements ont déjà eu lieu en comparution immédiate. Mais la justice compte bien ne pas en rester là, et traque, notamment, tous ceux qui ont participé aux pillages.
Les enquêteurs disposent d'un outil avec une grosse base de données qui peut leur permettre d'identifier les pilleurs en pleine action. Cette base s'appelle le traitement des antécédents judiciaires, le TAJ.
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Or, de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux, comme l'a rappelé, mardi 20 octobre sur franceinfo, Sacha Straub Kahn, le porte-parole du ministère de la Justice : "Il y a maintenant un travail de longue haleine qui s'initie, explique-t-il. Il y a 17 millions de personnes dont le visage est connu au TAJ. On peut tout à fait faire des matchs entre ce qu'on a vu sur les réseaux sociaux et le visage des gens sur le TAJ et les retrouver."
"On peut retrouver les pilleurs, y compris des semaines après, pour qu'ils aient le sentiment que, quoi qu'il arrive, ils seront sanctionnés."
Comment cela fonctionne ? Imaginez-vous une grosse base de données - un fichier utilisé lors des enquêtes judiciaires - qui contient des informations sur les personnes mises en cause, mais aussi les victimes et les personnes recherchées. Quand les enquêteurs ont entre les mains une image d'une personne en train de piller, ils importent l'image dans le TAJ, et un peu sur le principe de Google Images, le logiciel établit une correspondance, un match, avec un taux de probabilité. Cela permet aux enquêteurs d'identifier ces personnes.
Ce système est un point de départ qui permet de démarrer les enquêtes, mais de l'avis de policiers, contactés mardi matin, l'efficacité est toute relative. "On n'est pas dans la série Les Experts", ironise même un policier. Le problème, c'est la qualité des images. Dans le cadre d'émeutes, la plupart des images viennent des réseaux sociaux, ou ont été prises à la volée par les chaînes d'infos en continu, et, confie ce policier, avec ces images de mauvaise qualité, le logiciel sera difficilement capable d'identifier les personnes. Parfois il pourra même proposer cinq personnes pour une seule photo ou proposer le nom d'une femme alors que sur l'image c'est un homme.
Mais les policiers comptent sur la quantité de vidéos à disposition. Quand ils repèrent un pilleur, ils regardent les images de la vidéosurveillance du commerce dans lequel il se trouve pour multiplier les angles. Sur ces images-là, on apercevra peut-être la personne poser sa main sur un meuble, les enquêteurs feront donc des prélèvements ADN, d'empreintes. Les policiers vont pouvoir suivre cette personne avec les caméras disposées dans les rues. Si le pilleur prend un scooter ou entre dans une voiture, les enquêteurs pourront regarder les plaques d'immatriculation.