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"On n'aura pas le temps de se rajouter des papiers à gérer" : les commerçants pillés s'interrogent sur l'efficacité de la réponse de l'État aux saccages du 17 octobre
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Les commerçants figurent parmi les premières victimes des violences urbaines du 17 octobre : au moins 3 000 boutiques ont été saccagées. Le gouvernement promet des aides d’urgence, mais seront-elles suffisantes face aux pertes parfois considérables. Reportage à Lyon (Rhône).
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Les images d'un pillage en règle. Un salarié, qui souhaite rester anonyme les revoit, trois jours après, toujours très choqué. Le magasin d'optique qui emploie quatre personnes est dévasté, sans date de réouverture pour l'instant. L'employé juge que l'annonce d'un chômage partiel pris en charge à 100% est plutôt encourageante. "J'attends des directives, mais pour le moment, je ne suis pas au chômage. Après, c'est sûr que c'est bien, c'est le minimum", confie-t-il à propos de la mesure.
À quelques mètres, une boutique d'informatique, elle aussi saccagée. Les pilleurs ont volé y compris des ordinateurs de particuliers en cours de réparation. Le préjudice s'élève à près de 40 000 euros. Le responsable de la boutique craint que les aides financières, également annoncées par le gouvernement, soient compliquées à obtenir alors qu'il y a urgence. "Ça peut être une bonne réponse, mais il faut qu'ils simplifient les choses ou alors qu'ils fassent en sorte que quelqu'un prenne le relais et fasse les démarches à la place des commerçants. On n'aura pas le temps de se rajouter des papiers à gérer, ce n'est pas possible", estime Jonathan Drai, commerçant à Lyon.
Dans une petite boutique de bijoux, la propriétaire remet en place ses présentoirs. Ici, le pillage a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche 18 octobre, et quelque 20 000 euros de marchandises ont été volés. Plutôt que des aides, Truong Le Hoann, commerçante lyonnaise, souhaiterait plus de sécurité, alors que de nouvelles manifestations sont annoncées. Mobiliser "la police", est selon elle une nécessité, "pour protéger les commerçants, plutôt que de l'argent."
À Lyon, environ 200 commerces ont été touchés par des dégradations ou des vols. Beaucoup ne pourraient pas rouvrir avant plusieurs jours. "Les gens n'ont plus rien dans leur boutique. Le temps de réparer leur boutique, de se réapprovisionner… On est à deux mois de Noël. C'est un enfer pour tous les commerçants", regrette Olivier Michel, de l'association de commerçants "My Presqu’île".
Les rues sont désormais nettoyées. Mais derrière les vitrines, il y a encore beaucoup de travail avant de pouvoir retrouver une activité normale.
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