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Voitures thermiques après 2035 : le compromis européen se heurte déjà à un désaccord
Les négociateurs du Parlement européen pensaient avoir trouvé un compromis pour assouplir les règles sur les moteurs thermiques à partir de 2035. Mais les sociaux-démocrates n’ont pas encore validé cet accord qui doit encore franchir plusieurs étapes avant de devenir une réalité.
L’Europe semblait enfin avancer sur l’épineux dossier de la fin des voitures thermiques neuves en 2035. Dans la nuit du 19 au 20 octobre, les représentants des conservateurs du PPE, des sociaux-démocrates (S&D) et des libéraux de Renew Europe sont parvenus à un compromis pour assouplir les objectifs de réduction du CO2. Mais quelques heures plus tard, l’enthousiasme est retombé. Iratxe García Pérez, présidente du groupe S&D, a indiqué que ses députés devaient encore en discuter avant de donner leur feu vert.
Un sérieux contretemps pour les trois formations, qui disposent théoriquement d’une majorité au Parlement européen, à condition de parvenir à voter ensemble.
Le compromis négocié à Strasbourg s’éloigne sensiblement de l’objectif actuel, qui impose aux constructeurs de réduire de 100% les émissions moyennes de CO₂ de leurs voitures neuves en 2035, par rapport à 2021.
Le nouveau texte ramènerait cette exigence à 95%, avec une souplesse supplémentaire pour les fabricants utilisant de l’acier bas carbone produit dans l’Union européenne. Grâce à ce mécanisme de crédits, la réduction effective pourrait descendre jusqu’à 87,5%.
De quoi permettre la commercialisation de voitures thermiques et hybrides neuves après 2035. Il ne s’agirait toutefois pas d’autoriser un pourcentage précis de véhicules essence ou diesel puisque les objectifs continueraient de porter sur les émissions moyennes des constructeurs.
Les négociateurs prévoient également davantage de flexibilité pour 2030, avec la possibilité de lisser les résultats entre 2029 et 2031. Les utilitaires bénéficieraient eux aussi d’objectifs assouplis, tandis que les petites voitures électriques abordables pourraient rapporter des crédits supplémentaires à leurs fabricants. Certains véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants renouvelables seraient également favorisés.
La France et l’Allemagne avaient déjà ouvert la voie quelques jours plus tôt en s’entendant sur un objectif de 90% de réduction des émissions en 2035, sans obligation de compenser les 10% restants.
En échange de cet assouplissement, Berlin soutient les demandes françaises visant à privilégier les véhicules et composants fabriqués en Europe, notamment dans les dispositifs d’aide publique. Le gouvernement allemand obtient ainsi davantage de souplesse pour les motorisations thermiques et hybrides, tandis que Paris défend les intérêts de la production automobile européenne.
Avec la totalité des crédits liés à l’acier bas carbone, la réduction des émissions à l’échappement pourrait être ramenée à 87,5% contre 90% dans la proposition franco-allemande. Le compromis parlementaire offrirait donc davantage de souplesse aux constructeurs, sous réserve de remplir les conditions prévues.