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OpenAI réclame encore 30 milliards de dollars, mais les investisseurs commencent à tiquer
Les milliards continuent d’affluer chez OpenAI, sans que la rentabilité soit encore au rendez-vous. Le créateur de ChatGPT préparerait une nouvelle levée de fonds avant son entrée en Bourse, mais aurait dû revoir ses ambitions à la baisse face aux réticences de certains investisseurs.
Chez OpenAI, les levées de fonds se suivent à un rythme presque aussi soutenu que les nouvelles versions de ChatGPT. À peine sept mois après avoir annoncé un financement historique de 122 milliards de dollars, l’entreprise de Sam Altman serait déjà sur le point de réunir 30 milliards supplémentaires. Selon CNBC, le fonds américain Coatue et plusieurs investisseurs des Émirats arabes unis participeraient aux négociations, avec une valorisation envisagée de 1 250 milliards de dollars, avant l’apport de cet argent.
Un montant vertigineux, qui masque pourtant une première difficulté. D’après le Financial Times, OpenAI espérait initialement être valorisé à 1 400 milliards de dollars, mais les investisseurs n’auraient pas tous suivi.
Les investisseurs accompagnent OpenAI depuis longtemps. Microsoft avait ouvert le bal en 2019, avant de remettre au pot en 2021 puis en 2023. Le financement a ensuite changé de dimension, avec 6,6 milliards de dollars levés en 2024, puis 40 milliards l’année suivante.
En mars dernier, OpenAI annonçait encore 122 milliards de dollars de capitaux engagés, pour une valorisation de 852 milliards. Attention toutefois, ces engagements ne correspondent pas nécessairement à autant d’argent immédiatement disponible.
La nouvelle opération porterait sa valorisation à près de 50 % au-dessus de ce précédent niveau. Mais le fait qu’OpenAI ait dû revoir ses prétentions témoigne d’une certaine prudence chez des investisseurs déjà très sollicités. La perspective d’une introduction en Bourse en 2027 pourrait aussi les inciter à regarder de plus près les comptes de l’entreprise.
Le succès commercial d’OpenAI ne fait guère de doute. Selon Reuters, son chiffre d’affaires de septembre, extrapolé sur douze mois, approcherait désormais 50 milliards de dollars. Il s’agit cependant d’un rythme annualisé, pas de recettes effectivement encaissées sur une année entière.
Le problème vient surtout des dépenses. Entraîner les modèles demande des infrastructures informatiques gigantesques alors que leur utilisation quotidienne mobilise elle aussi des milliers de GPU. Plus ChatGPT attire d’utilisateurs, plus OpenAI doit investir pour suivre la demande.
D’après des projections internes révélées par le Financial Times, le groupe pourrait ainsi consommer 278 milliards de dollars de trésorerie d’ici à 2030. Une estimation qui illustre l’ampleur du pari financier, même si ces prévisions restent susceptibles d'évoluer.
Pour les investisseurs, tout repose donc sur la capacité d’OpenAI à transformer sa croissance en bénéfices. Si les marchés jugent sa valorisation excessive lors de son introduction en Bourse, les actionnaires pourraient subir une sévère déconvenue.