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Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille
Le procès des tueurs présumés de son grand frère s’est ouvert lundi, à Aix-en-Provence. Dans le box, 5 accusés dont l’homme suspecté d’être à la tête du cartel DZ Mafia.
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Il dit qu'il est la deuxième personnalité la plus protégée de France après Emmanuel Macron. Quand il se déplace, c'est en voiture blindée, parfois avec un gilet pare-balles, toujours entouré par de nombreux policiers qui ne le quittent pas d'une semelle. Bienvenue dans le quotidien d'Amine Kessaci.
Le voici sur le podcast Brut : "Aujourd'hui, je suis dans une phase de survie, en fait. Je suis dans une phase où on me fait régulièrement changer de lieu de domicile, où je ne suis jamais sur un point fixe, où je peux parfois avoir mes proches, parfois pas. Parfois, je suis complètement isolé, complètement mis à l'écart de la société dans une bulle, dans des bases militaires. Ce n'est pas une vie. Ce n'est pas une vie de vivre comme ça."
L'objectif est qu'il ne termine pas comme deux de ses frères, assassinés. Le premier, Brahim, frère aîné impliqué dans le narcotrafic. En décembre 2020, à l'âge de 22 ans, il est retrouvé calciné dans le coffre d'une voiture, aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille. Pendant plus d'un mois, Amine Kessaci – qui a alors 17 ans – ne va plus en cours. Il est en terminale. Il reste dans sa chambre, dont les rideaux sont noirs. Sa mère, qui travaille comme femme de ménage, le convainc de reprendre le combat.
Car à l'époque déjà, l'adolescent se bat. Au lycée, il est délégué de classe et de toutes les luttes. Il est aussi président de l'association qu'il a créée quelques mois plus tôt, Conscience écologique. Il nettoie notamment les rues de Frais-Vallon, la cité dans laquelle il a grandi dans les quartiers nord de Marseille. Après la mort de Brahim, Conscience écologique est rebaptisée Conscience. Sa mission : accompagner les familles victimes des narcotrafiquants, fournir un psychologue, un avocat, soutenir financièrement pour les funérailles ou aider pour un papier administratif. Le tout avec audace.
"La justice", pas "la vengeance" : au procès de l'assassinat de son grand frère sur fond de narcotrafic, un face-à-face attendu entre Amine Kessaci et les accusés
En septembre 2021, Emmanuel Macron se déplace à Marseille pour présenter son plan Marseille en grand. Dans une réunion où il est assis près de lui, Amine Kessaci interpelle le chef de l'État. La scène est filmée par la caméra d'Envoyé spécial. "Moi, ce que je voudrais vous dire, c'est que ça ne sert à rien de venir avec un plan qui a été fait dans un avion ou je ne sais où. Il faut que ce plan, vous le construisiez avec nous, les élus locaux, avec nous les associations, avec nous les familles de victimes, parce qu'on a également un témoignage à apporter, parce qu'on a également un vécu, une histoire qui est très importante."
Deux ans plus tard, dans le podcast Ces voix qu'il faut entendre, Amine Kessaci, alors étudiant en droit, est encore plus remonté : "Pendant deux ans, il y a eu près de 55 familles qui ont été brisées, 55 familles endeuillées. Pendant deux ans, moi, je suis allé voir ces 55 mamans et je leur ai présenté mes condoléances. C'est devenu une habitude, je n'ai même plus d'émotions quand je vais les voir. Les flics qui viennent, la CRS 8, ce n'est pas ce qu'il nous faut. Ils verbalisent les gens pour défaut d'assurance et pour pneus lisses et c'est tout ce qu'ils font de leur journée. Donc stop ! Que le ministère de l'Intérieur arrête de dire qu'ils sont en train de faire une guerre au trafic de stupéfiants, parce que leur guerre elle est mignonne, elle est toute belle leur guerre. Pour moi, la guerre, ce n'est pas ça."
Et puis, en novembre 2023, Mehdi, son petit frère, qui n'a rien à voir, lui, avec le trafic de stups, 20 ans, est abattu à son tour à Marseille. Par balle, en plein jour, en pleine rue. Amine Kessaci est-il intimidé ? Va-t-il baisser les bras ? "Je ne me tairai pas. Et