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Parcoursup sera remplacé en 2028 par une nouvelle plateforme guidée par l’IA
Parcoursup a désormais une date de fin. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté ce lundi 26 octobre à Matignon un plan pour mettre fin à cinq semaines de blocages de lycées. Sa mesure phare consiste à remplacer la plateforme d’admission dans le supérieur pour la campagne 2028. Deux créatrices de contenus spécialisées dans l’éducation, Anna Baldy et Mathilde Fouqué, reçues à midi par le Premier ministre, avaient révélé la mesure en sortant de Matignon, quelques heures avant la conférence de presse officielle. Les élèves aujourd’hui en terminale passeront toutefois encore par Parcoursup, pour la campagne 2027.
Lancé en janvier 2018 pour succéder à APB, Parcoursup gère les vœux de près d’un million de jeunes par an, et chaque hiver, son ouverture apporte son lot de nouveautés. Lors d’un entretien à Matignon auquel seuls deux médias, dont le site d’orientation Thotis, étaient conviés, Sébastien Lecornu et ses ministres Édouard Geffray (Éducation nationale) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur) ont détaillé leur méthode. Un comité de réforme réunissant lycéens, enseignants et ministres doit trancher d’ici fin novembre. Parcoursup repose sur la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) de 2018. Il faudra donc passer par un projet de loi, et Philippe Baptiste admet lui-même que son adoption avant la fin du quinquennat reste incertaine.
Ce calendrier bute sur une échéance que le gouvernement ne maîtrise pas. L’élection présidentielle se tiendra les 18 avril et 2 mai 2027, plusieurs mois avant que les lycéens formulent leurs vœux de la campagne 2028. Le successeur de Parcoursup dépendra donc du prochain exécutif, qui pourra reprendre ou enterrer le projet de loi. Philippe Baptiste fait valoir qu’un texte prêt resterait de toute façon sur la table.
Matignon cherche surtout à éteindre un mouvement qui a largement débordé des lycées. Les organisations lycéennes ont appelé à rejoindre la journée de mobilisation des Gilets jaunes du samedi 17 octobre, marquée par des émeutes et des pillages dans plusieurs villes. Depuis, les smartphones volés lors de ces pillages commencent à être bloqués par les fabricants. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a ensuite évoqué au Sénat une coupure des réseaux sociaux en cas de pillages, puis Sébastien Lecornu a demandé par courrier aux opérateurs de se tenir prêts à couper TikTok, Instagram et Snapchat pendant la manifestation du 24 octobre. Aucun blocage n’a finalement été déclenché, et Orange, SFR et Bouygues Telecom étaient loin d’être convaincus. Ce lundi encore, Emmanuel Macron a estimé que les réseaux sociaux abîment nos démocraties.
Pour la campagne 2027, le gouvernement avance prudemment, car les formations commenceront à paramétrer leur campagne dans trois à quatre semaines. Philippe Baptiste a posé la limite : « Il ne faut surtout pas se retrouver, au mois de juin, dans l’incapacité d’affecter des jeunes. » La lettre de motivation deviendra l’exception, et une formation qui en demande une devra justifier pourquoi. Chaque refus sera accompagné d’une explication, et les critères d’examen des dossiers seront publiés en détail, chiffres compris. Le simulateur, qui permet à chaque candidat d’estimer ses chances d’admission au moment de déposer un vœu, sera proposé systématiquement. Enfin, une commission de transparence sera installée dans chaque académie pour expliquer comment la procédure fonctionne localement.
Sébastien Lecornu juge aussi que changer Parcoursup ne sert à rien sans ouvrir de places. Jusqu’à 15 000 places seront créées à la rentrée 2027, d’abord en Île-de-France : 10 000 en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé. À titre de comparaison, Thotis comptait plus de 126 000 candidats encore sans proposition à la fin de la phase principale de Parcoursup 2026. Au lycée, les classes de seconde seront plafonnées à 28 élèves dès 2027 dans la moitié des lycées publics, ceux qui accueillent les élèves les moins favorisés, puis part