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Actualité : La bulle de l’IA est dopée au gaz naturel et c’est Anthropic qui le dit
Quel effet la crise climatique va avoir sur l’industrie de l’IA ? Pour préparer son entrée en bourse, Anthropic a été obligé de se poser la question et de livrer quelques vérités gênantes sur l’état de l’industrie.
© Factory_Easy // Shutterstock - Le gaz naturel, carburant de l'IA
"L’infrastructure électrique aux États-Unis et dans d’autres pays n’a pas été conçue pour faire face à l’augmentation rapide de la demande liée au développement de l’IA". L’affirmation a le mérite d’être claire et elle ne vient pas de n’importe qui. Dans un document préparatoire à son entrée en bourse, Anthropic, l’entreprise derrière le chatbot Claude, a listé tous les facteurs de risque qui pourrait ralentir la croissance de l’entreprise et les considérations environnementales y occupent une bonne place, note The Verge.
Dépendance au gaz naturel, vulnérabilité aux évènements climatiques extrêmes et exposition très forte aux polémiques sociales et environnementales, l’avenir de l’industrie de l’IA semble inextricablement lié aux évolutions du climat, qu’elle contribue elle-même à dérégler.
Nécessitant des quantités monstrueuses d’énergie, les "hyperscalers", ces centres de données démesurés et taillés pour l’IA, "se reposent de plus en plus sur de l’énergie produite grâce au gaz naturel", indique l’entreprise. Ces turbines sont d’ailleurs souvent installées directement à côté des entrepôts pour accélérer leur déploiement et éviter les contraintes liées au raccordement au circuit traditionnel. "Nous nous attendons à une concurrence accrue entre les utilisateurs pour l’accès à un même approvisionnement en gaz naturel", prévient donc la firme. De fait, la volatilité du prix de l’énergie pourrait directement affecter les finances de l’entreprise.
Car, rappelons-le, le gaz naturel n’est pas une énergie renouvelable. C’est un combustible fossile (composé principalement de méthane) extrait par forage. La dépendance du secteur de l’IA à cette solution a été amplifiée par plusieurs facteurs. Sa large disponibilité et sa fiabilité très utile pour faire tourner des centres de données vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept et une défiance croissante de l’administration Trump envers les énergies renouvelables.
Le sujet des renouvelables est d’ailleurs rapidement balayé par Anthropic, expliquant que "les nouvelles sources de production d’électricité, telle que l’énergie solaire, l’énergie éolienne, le stockage par batterie, l’énergie nucléaire et l’énergie géothermique, pourraient ne pas être disponibles dans les quantités ou dans les délais dont nous avons besoin". Ne reste donc plus que la bonne vieille énergie fossile.
Problème, le dérèglement climatique généré par cette industrie pourrait lui-même porter préjudice aux parcours boursiers d’Anthropic. "Les effets physiques du changement climatique pourraient, à terme, entraîner une augmentation de nos coûts d’exploitation, car la hausse des températures moyennes peut accroître la consommation d’électricité et d’eau nécessaire au refroidissement des équipements". L’IA participe donc à son propre empoisonnement, ou plutôt à la problématique de la gestion des ressources en temps de crise.
Sur la question, Anthropic n’apporte pas non plus de réponse, se contentant de noter que les demandes en eau et en électricité "peuvent augmenter nettement durant les périodes de forte demande", soit pile pendant les sécheresses et les canicules qui mettent déjà les infrastructures en difficulté.
Mais l’une des menaces les plus largement documentées dans le rapport d’Anthropic n’est que tangentiellement liée au climat, puisqu’il s’agit de la pression du grand public et des états sur l’allocation de ces ressources justement. "Notre marque fait l’objet d’une attention accrue en ce qui concerne les impacts perçus des technologies d’IA sur le plan social, environnemental, du travail, de la santé et de la sécurité", avoue la firme. Les oppositions locales à l’implémentation des centres de données, les lég