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Actualité : “Brûlez en enfer” : Elon Musk revendique le bridage de Starlink en Ukraine et prévient que le front s'effondrerait sans lui
Pendant 10 jours, Washington, SpaceX et Kiev se sont renvoyé la responsabilité d'un bridage qui a cloué au sol une partie des drones ukrainiens. Samedi, Elon Musk a fini par lâcher le morceau avec une virulence rare. Il affirme avoir colmaté une “faille” exploitée par l'armée ukrainienne et réserve à ses détracteurs une malédiction en bonne et due forme.
© Gage Skidmore / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 - Elon Musk revendique la fermeture d’une “faille” de Starlink exploitée, selon lui, par l’armée ukrainienne.
Samedi 24 octobre 2026, Elon Musk a accusé sur X (ex-Twitter) l'armée ukrainienne d'avoir violé les conditions d'utilisation de Starlink. Selon lui, elle s'en servait pour des “frappes offensives de drones visant à tuer des gens”. Le patron de SpaceX ajoute que cette “faille a été colmatée la semaine dernière”.
Le bridage remonte à la nuit du 13 au 14 octobre. Dès qu'ils dépassaient environ 160 km/h, les terminaux embarqués sur les drones ukrainiens perdaient la liaison. Les intercepteurs lancés contre les Shahed à réaction russes, qui filent autour de 400 km/h, devenaient ainsi largement inopérants.
Le message d'Elon Musk est tombé le jour même où Volodymyr Zelensky annonçait le retour des débits d'avant les restrictions. Le ministre ukrainien de la Défense, Yevhenii Khmara, affirme que la connexion tient désormais de façon stable au-delà de 400 km/h.
Correct. Using Starlink, a civilian commercial service, for offensive drone strikes to kill people has never been allowed, nor should it be. Starshield, a different system, is controlled by the US government. What they decide to do is up to them. Ukraine military violated… https://t.co/ZXBB8bYfPn
Le milliardaire distingue soigneusement ses deux réseaux. Starlink est en effet un service commercial civil, réservé selon lui à un usage “civil ou défensif”. Starshield, la déclinaison militaire, serait “contrôlée par le gouvernement américain”, seul juge de son utilisation. C'est déjà la ligne qu'il tenait le 14 octobre, quand il renvoyait toute limitation à l'armée US et, en dernier ressort, à Donald Trump.
Un précédent existe. En septembre 2023, Elon Musk avait ainsi reconnu avoir refusé d'activer Starlink pour une attaque ukrainienne contre la flotte russe en Crimée, au nom du risque d'escalade.
Le Wall Street Journal l'a pourtant désigné le 20 octobre comme le donneur d'ordre du bridage de Starshield. Deux jours plus tard, interrogé sur un appel qu'il aurait passé à Elon Musk pour faire lever les restrictions, Donald Trump a esquivé : “Que j'aie appelé ou que quelqu'un d'autre l'ait fait ne change rien. Au bout du compte, il l'a remis en service”, a-t-il déclaré.
Le patron de SpaceX assure aussi que la ligne de front ukrainienne “s’effondrerait immédiatement” si Starlink était coupé, et s'en défend d'avance : selon lui, l'avertissement ne vaut pas menace. Puis il conclut sans détour.