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Petits mais très costauds, des remorqueurs de nouvelles générations rejoignent la Marine française
La Direction générale de l’armement a notifié aux chantiers Piriou un marché de seize remorqueurs-pousseurs nouvelle génération pour la Marine nationale. Adaptés à la manœuvre des sous-marins nucléaires, ces RP30NG sont attendus dès 2028.
La Marine nationale poursuit le renouvellement de sa flotte de remorqueurs. La Direction générale de l'armement (DGA) a indiqué, jeudi 29 octobre, avoir notifié aux chantiers Piriou, entreprise française spécialisée dans la construction et la réparation navales de navires en acier et aluminium, le marché d’acquisition de seize remorqueurs-pousseurs de nouvelle génération, désignés RP30NG. Quatre navires sont commandés ferme, les douze autres restant en option. Ils sont destinés aux bases navales de l'Hexagone et d'Outre-Mer et assureront les manœuvres des sous-marins nucléaires au port, mais aussi des missions de lutte antipollution, de surveillance maritime et d’action de l'État en mer.
Sur le papier, le remorqueur RP30NG n'est pas un colosse, avec ses 26 mètres de long pour 370 tonnes en charge complète. On est évidemment loin des 261 mètres du Charles de Gaulle et de ses 42 500 tonnes à pleine charge. Il est plutôt du genre petit, mais costaud. Ses 30 tonnes de traction désignent par exemple l'effort qu'il peut fournir en tirant un autre navire. Et il ne reste pas cantonné au port, car il peut s'éloigner jusqu'à 200 milles nautiques des côtes, environ 370 kilomètres, pendant plusieurs jours.
La première mission listée par la DGA, et non des moindres, c'est toutefois celle des manœuvres de port. Les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) et bâtiments de surface de premier rang, c'est-à-dire les plus gros navires de combat de la flotte, pourront compter sur ces remorqueurs pour évoluer dans l'enceinte portuaire.
Ces navires ont aussi des allures de couteau suisse. Ils peuvent être sollicité dans différents cadres, comme la lutte contre les incendies, les opérations antipollution, et la mise en place de barrages protégeant l'accès aux ports. La servitude portuaire figure à leur programme. Au large, ils participeront à la surveillance de la Zone économique exclusive et prêteront main-forte à l'action de l'État en mer, du contrôle des pêches à l'assistance.
Plutôt que de repartir d'une feuille blanche, les RP30NG reprennent le design de la gamme civile de remorqueurs Piriou. Il a toutefois été adapté à un exercice très spécifique, à savoir la manœuvre des sous-marins nucléaires. Un choix pragmatique, puisque s'appuyer sur une gamme existante permet de produire ces navires en série et de réduire les délais de livraison.
Le contrat conclut par la DGA se déroule en deux temps. En fait, dans l'immédiat, seuls quatre navires sont réellement commandés. C'est ce qu'on appelle une commande ferme, et ces remorqueurs seront d'ailleurs construits à Concarneau, dans le Finistère. Les douze autres restent en option, ce qui signifie que l'État pourra les commander plus tard, s'il le souhaite. Il en va de même pour le maintien en condition opérationnelle, autrement dit l'entretien et les réparations qui permettent aux remorqueurs de rester prêts à intervenir.
Ce marché fait partie du programme de renouvellement de la flotte de remorqueurs de la Marine nationale. Il fait suite à un premier contrat signé en 2020, qui avait abouti à la livraison de quatre RP30. Dès 2028, la version « NG » rejoindra à son tour les Services de moyens portuaires des bases navales, dans l'Hexagone mais aussi en Outre-Mer.