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Actualité : Wonder Valley : ce data center va rejeter l’énergie de 23 bombes d’Hiroshima par jour
Dans le nord-ouest de l'Alberta, Kevin O'Leary veut dresser pour 70 milliards de dollars le plus vaste campus de calcul pour l'IA jamais imaginé, adossé à sa propre centrale au gaz, en pleine forêt boréale. Un physicien mandaté par la Nation crie de Sturgeon Lake a fait l'addition de la chaleur : environ 23 bombes d'Hiroshima en énergie, chaque jour, déversées sur le paysage. La province, elle, a jugé qu'aucune évaluation d'impact environnemental n'était nécessaire.
© kckate16 / Shutterstock - Légende : Image d’illustration d’un centre de données. Celui d’Alberta rejetterait l’énergie de 23 bombes d’Hiroshima par jour, selon un physicien.
Wonder Valley, c'est le nom d'un campus de centres de données porté par l'investisseur canadien Kevin O'Leary et sa société O'Leary Digital. Il doit sortir de terre dans le district de Greenview, à environ 42 km au sud de Grande Prairie, sur le territoire traditionnel de la Nation crie de Sturgeon Lake. Cette communauté autochtone a commandé une analyse préliminaire au physicien Robert Davies, de l'Utah State University. Ses conclusions, relayées par CBC, donnent le vertige.
Selon son évaluation, le site comprendrait une centrale de 9 GW. Pour la faire tourner, il faudrait brûler du combustible à un rythme continu de 16 à 18 GW, nuit et jour, toute l'année. CBC retient 18 GW en pleine exploitation, soit environ 1,5 pétajoule par jour. L'essentiel de cette énergie se transforme en chaleur sur place.
Environ 23 bombes d'Hiroshima d'énergie chaque jour seront déversées dans ce paysage.
La facture carbone suit : environ 30 millions de tonnes de CO₂ par an, plus de 4 % des émissions totales du Canada, d'après la même estimation, bâtie sur des informations publiques. Pour Davies, "les permis vérifient les pièces. Une évaluation vérifie l'ensemble."
Sur ce terrain, l'opacité domine : en Europe, la plupart des exploitants gardent secrète leur consommation d'eau et d'électricité, comme nous l'avons raconté.
En avril, l'Alberta a écarté l'évaluation d'impact provinciale. Dans une déclaration du 30 octobre, son ministère de l'Environnement et des Aires protégées affirme avoir suivi le processus légal, le projet reposant sur des systèmes d'énergie et d'eau standards et éprouvés.
La Nation de Sturgeon Lake a déposé en septembre une demande de contrôle judiciaire contre cette exemption, puis une seconde en octobre pour exiger davantage de consultation. Un autre front s'est ouvert sur le permis d'eau : le juge Parminder Johal a rejeté la requête d'O'Leary Digital visant à stopper ce recours, dont l'audience est attendue en décembre.
Rendu publié par le cabinet d’architecture Gensler pour le campus Wonder Valley. On n’y voit ni la centrale au gaz de 9 GW ni aucune installation de production d’énergie.