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Moquée mais sold-out pour 2027 : Ferrari promet que sa Luce électrique est un carton… et refuse de donner un chiffre
Benedetto Vigna, CEO de Ferrari, a profité de la présentation des résultats du troisième trimestre, ce mardi 3 novembre, pour répondre à ceux qui annonçaient un flop. « Tout ce que nous prévoyons de vendre l’an prochain est déjà entièrement alloué », a-t-il déclaré devant des journalistes, selon Reuters.
Autrement dit, chaque Ferrari Luce prévue pour 2027 aurait déjà un acheteur, alors que cette voiture vendue à partir de 550 000 euros n’a encore été livrée ni essayée par aucun client. Par contre, Ferrari ne dit pas combien de voitures ce « complet » représente.
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En mai, la présentation de la Luce (dans laquelle nous sommes montés), dessinée par Jony Ive et Marc Newson, deux anciens d’Apple, avait déclenché une avalanche de moqueries, et l’action Ferrari avait perdu plus de 8 % à la Bourse de Milan dans la foulée.
Six mois plus tard, Benedetto Vigna se dit « très satisfait » et assure n’avoir « aucun problème critique, ni sur la production ni sur la demande ». Il reconnaît quand même que la voiture est « plus complexe », avec beaucoup de pièces et de technologies nouvelles. Surtout, il compte sur les essais réservés aux clients, prévus en 2027, pour faire monter encore la demande.
Dans les comptes, la Luce n’a encore rien rapporté, puisqu’aucune n’a été livrée. Le constructeur de Maranello a pourtant publié un chiffre d’affaires de 1,896 milliard d’euros au troisième trimestre, en hausse de 7 % sur un an, et un bénéfice net de 431 millions d’euros (+13 %). Il a fait ça en livrant 3 368 voitures, 33 de moins qu’un an plus tôt, grâce à la F80 (une hypercar produite en série limitée) et aux options de personnalisation, qui font grimper la facture de chaque voiture.
Les livraisons en Chine continentale, à Hong Kong et à Taïwan ont par contre chuté à 143 voitures, contre 248 au troisième trimestre 2025. Ferrari a quand même légèrement relevé ses prévisions annuelles après avoir fait mieux que prévu par les analystes, avec environ 7,65 milliards d’euros de chiffre d’affaires attendus en 2026 contre 7,60 milliards jusqu’ici.
Ferrari n’a jamais dit combien de Luce il comptait produire, et Benedetto Vigna a refusé de donner un objectif de ventes pour 2027. Le seul ordre de grandeur connu est un chiffre du Financial Times : un peu moins de 500 exemplaires en 2026 et 2 500 exemplaires d’ici 2030, d’après des sources anonymes.
De quoi relativiser ce « complet », sans compter que le carnet de 2027 récupère en partie les commandes de 2026 : dès juillet, la marque annonçait une Luce déjà complète pour 2026, avec des commandes chinoises repoussées à 2027. Bref, Ferrari vend tout ce qu’il a décidé de fabriquer, ce que son propre communiqué appelle une stratégie de « volumes contrôlés ».
Le même flou entoure la Luce depuis l’été. Mi-août, pendant la Monterey Car Week en Californie, la maison RM Sotheby’s a vendu « Chassis 0 », le tout premier exemplaire de série, pour 40 millions de dollars, soit environ 36 millions d’euros. C’est un record pour une voiture neuve aux enchères, à 36 fois l’estimation de départ de 1,1 million de dollars. Mais il s’agissait d’une vente caritative : tout l’argent revient à la Ferrari Foundation, qui finance des programmes éducatifs.