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Actualité : Une gigantesque structure se cache dans un système stellaire voisin, et elle est noire comme l’encre
Repérée par James Webb en 2024, une étrange traînée de poussière s'échappe du disque de Bêta Pictoris, à 63 années-lumière de nous. Hubble vient enfin de la saisir en lumière visible. Sa composition raconte une collision titanesque entre deux mondes du calibre de Pluton.
© NASA, ESA, CSA, STScI, Ralf Crawford - Vue d’artiste du système Bêta Pictoris. Le disque de débris principal, vu par la tranche, apparaît en orange, et le disque secondaire, incliné, en bleu. La “queue de chat” s’élève du côté droit, au-dessus du disque.
En janvier 2024, le télescope spatial James Webb révélait autour de Bêta Pictoris une excroissance de poussière recourbée, vite surnommée "queue de chat".
Une équipe menée par Arin Avsar, doctorant au Lunar and Planetary Laboratory de l'Université de l'Arizona, l'a traquée dans six campagnes d'observation de Hubble menées entre 2012 et 2025, une nouvelle preuve de la complémentarité de Hubble et James-Webb. Ses conclusions sont parues en octobre dans The Astrophysical Journal Letters.
Âgé d'environ 23 millions d'années, ce système juvénile offre un aperçu de ce qu'a pu être notre Système solaire dans sa prime jeunesse. Il compte trois planètes géantes et un disque de débris que nous voyons par la tranche.
Si la structure a longtemps échappé aux instruments qui observent en lumière visible, c'est à cause de sa matière. Selon les modèles de l'équipe, elle se compose presque exclusivement de matière organique réfractaire : de longues chaînes d'atomes de carbone qui absorbent la lumière et lui donnent une teinte d'un noir profond. Ses grains, larges de quelques micromètres, sont en outre d'une porosité déroutante.
Comment obtenir des grains de poussière aussi petits et aussi poreux, personne ne le comprend vraiment, et c'est en partie pour cela que nous étudions cette structure.
Cette signature carbonée trahit un scénario d'une rare violence. D'après les calculs, chacun des deux corps entrés en collision pesait au moins 1 à 3 × 10²¹ kg, pour un rayon de 600 à 800 km. C'est le gabarit de Charon ou de Makemake. Pour Kevin Wagner, coauteur de l'étude, la vitesse de l'impact a pu vaporiser le carbone, qui se serait recondensé en flocons poreux en refroidissant.
L'équipe révise aussi la géométrie de la traînée. Arin Avsar la situe "essentiellement dans le même plan du ciel que l'étoile", avec peut-être un léger prolongement vers l'arrière. Hubble a également détecté une déformation du halo de poussière externe, que les chercheurs attribuent à l'attraction de Bêta Pictoris b, une géante gazeuse d'une dizaine de masses joviennes.
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