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Un saut, des dizaines de mètres de vide : cet homme réalise l'impensable au-dessus de Paris !
Entre sport, créativité et dépassement de soi, le freerunning transforme la ville en véritable terrain de jeu. Sauts, figures acrobatiques et mouvements spectaculaires : ses pratiquants repoussent leurs limites avec un objectif en tête, se déplacer librement tout en exprimant leur propre style.
À plusieurs mètres du sol, une seconde d'hésitation peut tout faire basculer. Yoann « Zephyr » Leroux, figure du parkour et du freerunning, évolue là où le vide impose une maîtrise absolue. Peur, adrénaline, concentration : qu'est-ce qui pousse ces athlètes à repousser toujours plus loin leurs limites, et que ressent-on vraiment lorsque l'on se retrouve face au vide ?
Le parkour consiste à franchir les obstacles d'un environnement par la course, les sauts ou l'escalade. Le freerun en reprend les bases, mais y ajoute une dimension plus acrobatique et créative. Derrière des mouvements qui semblent parfois instinctifs se cachent pourtant des années d'entraînement.
Yoann « Zephyr » Leroux en sait quelque chose. Figure française de la discipline et fondateur de la French Freerun Family, il s'est illustré au plus haut niveau international. En 2010, il remporte notamment le Red Bull Art of Motion de Tampa, après une deuxième place à Vienne. L'année suivante, à Santorin, il termine à seulement six points du vainqueur.
Derrière le spectacle se joue une mécanique d’une grande précision. Avant de s’élancer, le traceur évalue la distance, la hauteur, sa vitesse, son impulsion et surtout sa zone de réception. Une fois dans les airs, la marge de correction devient très faible. Et le saut ne s’arrête pas lorsque les pieds touchent le sol : la réception est déterminante pour absorber l’énergie de l’impact. © Agnès Bugin/IA, tous droits réservés
Des chercheurs ont ainsi montré que certaines techniques propres au parkour réduisent fortement les contraintes subies par le corps. Dans une étude menée sur dix pratiquants, une réception de précision diminuait de 38 % le pic de force verticale par rapport à une réception traditionnelle ; avec une roulade, la réduction atteignait 43 %. Les traceurs expérimentés prolongent également la réception afin de dissiper l'énergie sur une durée plus longue.
Mais la maîtrise ne fait pas disparaître le danger. Une étude portant sur 266 pratiquants a relevé en moyenne 5,5 blessures pour 1 000 heures d'entraînement. L'expérience sert donc moins à abolir la peur qu'à mieux évaluer ce qui est réalisable et à réduire l'incertitude avant de s'engager.
C'est tout le paradoxe du parkour : là où le spectateur voit un saut dans le vide, l'athlète voit une trajectoire à maîtriser. Distance, vitesse, impulsion, réception... rien n'est laissé au hasard.
Pour réaliser cette image, il a fallu prendre de la hauteur. Le photographe Andy Parant et Yoann ont escaladé un immeuble de Montmartre avant de gagner son toit en zinc. De là-haut, le paysage parisien change complètement d'échelle : les immeubles paraissent minuscules, les rues plongent entre les façades et le vide s'impose dans le cadre.
Pour trouver le bon angle, Andy s'est lui-même installé en équilibre sur une cheminée. Face à lui, Yoann enchaînait ses sauts vers une étroite plateforme en contrebas, prenant, raconte-t-il, « un malin plaisir » à lui donner quelques sueurs froides.