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Martyre de l'A10 : la mère d'Inass Touloub reconnaît des "gifles", mais reste ambiguë
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Lors de la cinquième journée du procès, vendredi 6 novembre, Halima El Bakhti est revenue sur la relation tumultueuse avec sa fille, Inass Touloub. Malgré des témoignages flous, clamant son amour pour elle, elle a reconnu lui avoir asséné des coups.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Lors du procès, vendredi 6 novembre, Halima El Bakhti a reconnu avoir parfois donné des coups à sa fille, Inass Touloub, mais lorsque la présidente lui énumère la longue liste des brûlures, des bleus, des fractures, des morsures, elle assure ne pas s'en rappeler. Parfois, les réponses sont ambiguës. "Comment j'ai pu faire tout ça ? Je ne savais pas pourquoi je la tapais", a-t-elle dit.
La présidente s'étonne pourtant de la bonne mémoire de l'accusée. Avant d'être interrogée sur les faits, elle a longuement relaté la naissance de la fillette, son accouchement, son envie de rester au Maroc, de retrouver le poste d'institutrice qu'elle occupait avant son départ pour la région parisienne, puis son mari, resté en France, qui lui demande de rentrer sans le bébé pour revenir travailler avec lui. "Les bons moments, je m'en rappelle bien, mais pas la période qui était noire", clame la femme aujourd'hui âgée de 72 ans.
La période noire qu'elle cite à plusieurs reprises, c'est celle où Inass, un an plus tard, est de retour en France après avoir passé sa première année de vie avec sa grand-mère. Le lien entre Halima El Bakhti et la fillette ne se fait pas. "Elle ne m'accepte pas, je ne l'accepte pas, c'était très dur pour elle et moi", remet-elle.
Pourtant, elle affirme s'être attachée à cet enfant. Elle l'appelle à plusieurs reprises "ma petite", "ma moitié". "Je l'aimais, ma fille", a-t-elle déclaré. "Quand ma petite est morte, moi aussi, je suis morte." Pour elle, la vie d'Inass s'est achevée sur ses genoux, sur la banquette arrière de la voiture, la nuit du départ pour les vacances au Maroc, pas la veille dans la maison familiale, comme l'affirme Ahmed Touloub, le père.
"Comment expliquez-vous la mort de votre fille ?", demande alors la présidente. La réponse provoque la stupeur dans l'assemblée. "Elle était fatiguée, très fatiguée, elle ne mangeait pas bien." Un récit bien éloigné de la longue agonie décrite encore vendredi matin par la médecin légiste.
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