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Affaire des "biens mal acquis" gabonais en France : le PNF demande le renvoi en correctionnelle de BNP Paribas et des enfants d'Omar Bongo
Au total, le Parquet national financier demande le renvoi de 23 personnes physiques ou morales : cinq sociétés dont la BNP Paribas et quatre sociétés immobilières, et 18 individus.
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Le Parquet national financier (PNF) a demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de 23 personnes physiques ou morales dans le cadre de l'enquête sur des biens gabonais acquis de façon frauduleuse en France, a appris l'Agence Radio France auprès du PNF mardi 28 juilet. Parmi elles se trouvent la banque BNP Paribas, des enfants d'Omar Bongo, ancien président du Gabon, ou encore la comédienne Sonia Rolland.
Une information judiciaire avait été ouverte fin 2010 à la suite d'une plainte de Transparency International. Depuis, plusieurs personnes, mais aussi BNP Paribas, avaient été mises en examen. La justice cherche à savoir si le patrimoine immobilier français de plusieurs dirigeants africains, dont gabonais, a été constitué grâce à l'argent de "la Françafrique", vaste système de corruption et de détournement d'argent public entre Paris et ses anciennes colonies africaines.
Le Parquet national financier demande donc le renvoi de cinq sociétés, dont BNP Paribas et quatre sociétés immobilières, et 18 personnes, dont des enfants d'Omar Bongo, ancien président du Gabon mort en 2009, mais également l'épouse de l'actuel président du Congo, Antoinette Sassou Nguesso, et l'ancienne Miss France et comédienne Sonia Rolland.
Selon la justice française, Omar Bongo a utilisé plusieurs réseaux de blanchiment pour acquérir des biens immobiliers. Parmi ces réseaux figure la société gabonaise de décoration Atelier 74, à laquelle il est soupçonné d'avoir versé plusieurs dizaines de millions d'euros en espèces pour procéder à des acquisitions, confirme le PNF a l'Agence Radio France. L'argent transitait ensuite sur le compte français de cette société.
Le renvoi de la BNP Paribas est requis pour blanchiment aggravé, notamment des délits de corruption et de détournement de fonds publics, précise le Parquet national financier. Il lui est reproché d'avoir permis à la famille Bongo et à ses proches, via Atelier 74 et d'autres réseaux de blanchiment, "de convertir des fonds d'origine délictuelle dans des opérations immobilières, à hauteur d'au moins 35 millions d'euros". Lors de son interrogatoire, la BNP a reconnu des défaillances mais contesté tout "dessein frauduleux", selon le PNF.
Par ailleurs, dans ce dossier, 52 biens immobiliers frauduleusement acquis ont été saisis, ajoute le Parquet national financier.
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