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Actualité : Vous roulez en hybride rechargeable ? Voici pourquoi vous polluez bien plus que vous ne le pensez
Les hybrides rechargeables rejettent beaucoup plus de CO2 qu’estimé, à cause des conducteurs… et surtout des fabricants. Voici pourquoi.
© tete_escape/Shutterstock - Les voitures hybrides rechargeables affichent des émissions de CO2 cinq fois supérieures à la théorie
Les hybrides rechargeables sont souvent vendues comme le compromis idéal pour des trajets plus écologiques et économiques, et ce, sans sacrifier l’autonomie. Mauvaise nouvelle : une récente étude de l’International Council on Clean Transportation (ICCT) vient tout juste briser ce mythe, statuant que ces voitures émettent en moyenne cinq fois plus de dioxyde de carbone (CO2) que les chiffres officiels avancés par les constructeurs. La faute aux habitudes de recharge et au système d’homologation, tous deux défaillants.
L'écart entre les promesses sur le papier et la réalité ne cesse de se creuser pour l’hybride rechargeable. Selon les derniers chiffres de l'ICCT, la différence entre les émissions réelles de CO2 et les données officielles est passée de 265 % en 2021 à près de 400 % en 2023. Le principal fautif serait purement et simplement une grossière surestimation de l'utilisation du mode 100 % électrique au quotidien.
Il est en effet précisé qu’en pratique, les conducteurs rechargent et utilisent le mode électrique bien moins souvent que ce que prévoient les calculs officiels. Par conséquent, ces véhicules, déjà alourdis par leur double motorisation, sollicitent beaucoup plus le moteur thermique.
“Les hybrides rechargeables consomment beaucoup plus de carburant sur la route que ne le suggèrent les chiffres officiels”, alerte Sonsoles Díaz, chercheuse principale à l'ICCT. “À moins que les régulateurs ne corrigent cette faille, les constructeurs automobiles continueront de déclarer des émissions bien inférieures à celles produites en conditions réelles de conduite”, explique-t-elle.
De facto, cette faille d'homologation profite grandement aux constructeurs, qui ne cessent de mettre en avant l’hybride comme solution idéale pour ceux qui veulent faire des économies tout en roulant plus vert. Bonus pour la route : en affichant des émissions théoriques très basses, ils échappent aux stricts objectifs européens de réduction de CO2, et donc à de colossales amendes financières (l'Europe imposant une pénalité de 95 euros par gramme de CO2 excédentaire pour chaque véhicule vendu).
Mercedes affiche d'ailleurs le plus grand écart constaté entre les émissions théoriques et la pollution réelle sur route : 452 % en moyenne, grimpant même jusqu'à 614 % en 2023. Au total, ce sont environ 100 mégatonnes de CO2 qui n'ont pas été comptabilisées sur le Vieux Continent entre 2021 et 2025.
Si la Commission européenne a révisé son mode de calcul en 2025, le Parlement envisage déjà de geler les futures corrections. Une hérésie pour Peter Mock, directeur de l'ICCT pour l'Europe, qui souligne que “les nouveaux modèles n’émettent pas moins, mais plus”, contrairement aux discours des constructeurs.
Par ailleurs, l'étude rappelle que les voitures thermiques classiques affichent aussi un écart de 20 % avec la réalité, prouvant l'absence de progrès de ces motorisations. Au final, entre 2018 et 2023, seuls les véhicules 100 % électriques ont véritablement permis de réduire les émissions de CO2 sur nos routes.