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Édito. En repoussant ses vacances et en restant à Matignon, Sébastien Lecornu veut incarner un État mobilisé face aux incendies en Gironde
L'exécutif veut afficher une mobilisation totale. Entre reports de vacances, déplacements sur le terrain et communication offensive, l'objectif est de montrer qu'il garde le contrôle.
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Près d'une semaine après le début des incendies qui ravagent la Gironde, le gouvernement reste mobilisé au cœur de l'été. Face à ces feux hors norme, l'exécutif poursuit un objectif politique : montrer qu'il garde le contrôle de la situation. Et pour donner l'image d'un gouvernement à la tâche dans ces heures difficiles, mieux vaut être à Paris que dans sa maison de campagne. Mercredi 29 juillet, le Premier ministre a fait savoir qu'il repoussait à une date ultérieure son départ en vacances. Sébastien Lecornu n'a pourtant pas prévu de partir très loin cet été : chez lui, dans l'Eure, tout près de Paris. Mais il restera, nous dit-on, le temps qu'il faudra à Matignon, où il a encore présidé une réunion de crise mercredi soir.
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Pourtant, le chef du gouvernement peut à peu près tout faire à distance, même animer une réunion de crise sur une ligne sécurisée. En 2026, la technologie le permet. Mais voilà, dans l'imaginaire collectif, un ministre qui n'est pas à Paris est un ministre qui ne gère pas ses dossiers. Regardez la polémique depuis que Le Canard enchaîné nous a appris que la ministre de l'Écologie, Monique Barbut, avait fui le tumulte parisien la semaine dernière pour aller se reposer dans sa résidence secondaire du Var.
Vous me direz qu'Emmanuel Macron, lui, a bien pris ses quartiers d'été au fort de Brégançon. Oui, mais avant de rejoindre la résidence secondaire des chefs de l'État, le président a pris la peine de faire un crochet par la Gironde, lundi, aux côtés des pompiers qui combattent sans relâche depuis une semaine. Et c'est de là qu'il a lui-même annoncé que le feu des Landes était fixé… Comme s'il avait aussi le pouvoir de contrôler l'intensité des flammes.
L'exécutif tente aussi de reprendre la main sur le récit de cette crise, et cette fois-ci, c'est surtout Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, qui est de corvée. Objectif : évacuer les critiques de l'opposition sur le financement de notre sécurité civile et, donc, des forces de secours. Toute la semaine, on l'a vu répéter face caméra que le budget de la sécurité civile avait quasiment doublé depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Le ministre de tutelle des sapeurs-pompiers est envoyé au front pour faire oublier ces commandes de Canadair promises, mais jamais passées par l'État. Et plusieurs fois, Laurent Nunez a bien failli perdre ses nerfs face aux questions insistantes des journalistes.
En off, comme on dit, un proche du président prêche la bonne parole : "Arrêtez de dire que c'est Emmanuel Macron qui a annulé la commande de deux Canadair. Ce n'est pas lui, c'est son ancien Premier ministre, Gabriel Attal." Jupiter ne contrôlerait donc pas tout à la tête de l'État… À l'heure du bilan, il ne faudrait surtout pas ternir l'image de cette fin de quinquennat. Car n'oublions pas qu'Emmanuel Macron est en train de vivre ses derniers mois à l'Élysée.
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