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Le jour où une météo dévastatrice a contribué à faire basculer l’histoire de France
Du printemps à l'été, il ne se passe pas une semaine sans que de nouvelles photos de grêlons géants soient publiées sur les réseaux : 10 cm, 12 cm, et parfois plus de 15 cm de diamètre ! Ce n'est pas qu'une impression, le phénomène est réellement en augmentation, y compris chez nous.... Lire la suite
Saviez-vous qu'un orage de grêle a largement contribué à la Révolution française ? A une époque où la France était majoritairement agricole, tout événement météo violent avait des conséquences dramatiques qui dépassait les limites d’une ville ou les frontières d’un département.
La météo a toujours eu une importance capitale dans les grands événements historiques de France : les guerres, mais aussi la Révolution française. Quelques mois avant le 14 juillet 1789, les conditions météo ont largement aggravé la colère qui grandissait parmi la population française. Beaucoup connaissent l'histoire du terrible hiver de 1788-1789, qui a provoqué une crise alimentaire dramatique dans le pays. Mais peu savent qu'un autre événement, plus ponctuel, a aussi contribué à faire grandir la révolte : l'orage de grêle dévastateur du 13 juillet 1788, quasiment un an jour pour jour avant la prise de la Bastille.
Selon Emmamunel Leroy-Ladurie, historien du climat, ce jour-là « deux lignes de grains ont abordé l'embouchure de la Gironde à minuit en se dirigeant vers le nord, nord-est, avec une vitesse d'environ 55 km/h. La grêle tombe à Poitiers, Chartres (7 h), Rambouillet (8 h), Paris (8 h 30), Douai (11 h), Utrecht (14 h 30). La carte dressée à cette occasion affiche deux zones de grêle entre trois bandes de pluies fortes. Les grêlons atteignent par endroit des dimensions exceptionnelles (plus de 5 quarterons, soit 600 grammes). Les pertes directes sont estimées à 25 millions de livres qui sont à mettre en perspective avec les 503 millions de recettes du royaume ».
La trajectoire de l'orage de grêle du 13 juillet 1788. © Archives Nationales
Même s'il est difficile de connaître la situation météo exacte de l'époque, certaines sources précisent que cet orage a probablement été alimenté par une chaleur excessive (plus de 30 °C à Paris, même si les relevés officiels n'existaient pas). L'été 1788 a été décrit comme anormalement chaud.
Du printemps à l'été, il ne se passe pas une semaine sans que de nouvelles photos de grêlons géants soient publiées sur les réseaux : 10 cm, 12 cm, et parfois plus de 15 cm de diamètre ! Ce n'est pas qu'une impression, le phénomène est réellement en augmentation, y compris chez nous.... Lire la suite
Les récoltes sont dévastées par les grêlons géants (gros comme des œufs d'après les témoignages), de nombreux animaux de ferme sont tués, des milliers d'arbres sont cassés, et de grands monuments voient leurs façades pulvérisées : plus de 11 000 vitres et ardoises du château de Rambouillet sont détruites.
⛈ Les orages génèrent de gros grêlons en Franche-Comté, dans les Vosges et en Alsace ce dimanche soir, ici à Breitenbach dans le Bas-Rhin. Prudence ! (© Alexandre Zeissloff) pic.twitter.com/0xNvZb6gpO
Cet orage ultra-violent intervient dans un contexte de récolte déjà médiocres en raison de la sécheresse, qui plonge la population française dans une situation de pénurie. « Dès août 1788, des émeutes éclatent à Lamballe en Bretagne, et en automne, en Provence et en Languedoc où la sécheresse a été la plus marquée. Les indices de pénurie sont présents dès octobre 1788 à Anvers » précise l'historien.