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"Un décor sorti d'un film d'horreur" : au Royaume-Uni, un directeur de pompes funèbres lourdement condamné pour avoir conservé des corps dans des "conditions épouvantables"
Robert Bush, reconnu coupable d'avoir conservé des corps en décomposition au lieu de les incinérer et d'avoir remis à des familles des cendres d'inconnus, a écopé de vingt ans de prison.
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"Personne ne peut savoir avec certitude s'il a reçu les cendres de son proche." Un directeur de pompes funèbres a été condamné à vingt ans de prison par la justice britannique, vendredi 31 juillet, pour avoir conservé pendant des mois une trentaine de corps en décomposition au lieu de les incinérer et pour avoir remis à des familles endeuillées des cendres d'inconnus. Une affaire qui a mis en lumière le manque de régulation du secteur au Royaume-Uni.
Robert Bush, propriétaire de l'entreprise funéraire Legacy Independent Funeral Directors à Kingston upon Hull, sur la côte est de l'Angleterre, a plaidé coupable de 67 infractions commises pendant douze ans au préjudice de près de 300 personnes, selon le décompte de la police. Dans près de la moitié des chefs d'accusation, il lui est reproché d'avoir empêché des inhumations dignes et légales.
L'affaire éclate en mars 2024, lorsque l'agent de police Jason Sutcliffe vit la "pire expérience de [sa] carrière, qui ne quittera jamais [ses] pensées". A la suite d'un signalement, il mène une perquisition dans une entreprise de pompes funèbres de Hull. Il découvre trente-cinq corps, à des stades parfois avancés de décomposition, entreposés de façon "chaotique" au sol, ou sur des étagères de chaque côté d'une chambre froide qu'ils auraient dû quitter plusieurs mois auparavant. Un bébé né sans vie à dix-huit semaines de grossesse, deux ans plus tôt, est retrouvé dans une enveloppe kraft laissée à même le sol.
Plus de 100 lots de cendres "conservés dans des conditions indignes", tantôt éparpillés sur le sol, tantôt gardés dans des boîtes moisies, tapissent également le "décor sorti tout droit d'un film d'horreur", selon la description d'un ancien employé relayée par le procureur.
Lors du procès qui s'est tenu en juillet 2026, où ce récit a provoqué des cris d'effrois dans la salle d'audience, plus de 80 victimes ont témoigné de l'horreur de savoir que leurs proches avaient été laissés à "pourrir" dans l'entreprise, raconte le journal britannique The Guardian. Parmi les personnes entendues, la maman du nouveau-né, rapidement identifié grâce au bracelet retrouvé dans l'enveloppe où son corps était relégué et sur lequel était inscrit "bébé de Jasmine Beverley". "Je lui ai fait confiance en lui confiant la personne la plus précieuse et importante de ma vie", a-t-elle déploré, après avoir fondu en larmes face à Robert Bush, resté les yeux rivés au sol pendant la majeure partie du procès.
"La réalité avec laquelle je dois vivre désormais, c'est que mon petit garçon Sunny a passé plus de temps en votre possession qu'avec sa propre famille."
Selon les éléments mis en exergue par le tribunal, le volume de cendres remis à l'époque de la cérémonie aux parents de Sunny "correspondait à celui d'un nourrisson, mais contenait des fragments d'os plus larges", tels qu'on en trouve dans le corps d'un adulte. Karen King a, elle, découvert que son "papa adoré est resté dans un cercueil en carton pendant près de onze mois". Le cadavre de son père, mort à l'âge de 94 ans, a été retrouvé dans les locaux de Legacy 323 jours après son décès, précise The Guardian. "C'est inimaginable. Je ne saurai jamais pourquoi. J'ai l'impression qu'il a tout simplement été oublié", a-t-elle dénoncé.
Un autre homme a témoigné s'être senti "maltraité", après avoir appris que Robert Bush lui avait remis les cendres d'un parfait inconnu à la place de celles de son épouse. Il les avait dispersées au même endroit que celles de son fils. "J'ai vécu dans l'incertitude, ne sachant pas qui ou quoi j'ai dispersé sur les cendres du fils de Susan", a-t-il confié. "Qui était-ce ? Une seule personne ? Plusieurs ?"