// FRANDROID — CYBERSECURITY
Peugeot Cycles, Solex, Gitane : « 2026 est une année charnière » selon le patron de Rebirth
Nous avons rencontré Grégory Trebaol à la mi-juin, dans les locaux du groupe, pour nous entretenir deux heures durant autour de plusieurs sujets : Angell, Cowboy, l’usine de Saint-Lô, mais aussi la feuille de route de toutes les marques vélo du groupe. Rebirth exploite aujourd’hui Peugeot Cycles sous licence et détient Solex, Matra, Gitane, Lejeune et Easybike.
Notre dossier en 3 volets sur la feuille de route commerciale et industrielle de Rebirth :
Le dirigeant tenter le résumer le métier du groupe en une formule : il s’agit de « redonner naissance aux marques ». Cela suppose, dit-il, d’accepter une phase de tâtonnement. « Quand vous avez certaines marques qui ont été un peu endormies pendant quelques années, il ne faut pas se tromper. Il faut tester, il faut faire beaucoup de choses. C’est vrai sur Solex. C’est vrai sur les autres marques. »
Il en tire une manière de travailler qu’il oppose à celle du reste du secteur : « Notre capital, avant tout, ce sont les marques. On n’est pas là pour lancer des produits ‘me too’, prendre sur une étagère des choses qui existent et les badger. Quand bien même ça pourrait nous servir et nous permettre de dire : ‘Voilà, c’est prêt, parce qu’on a pris quelque chose d’existant, on a mis une belle couleur et un sticker dessus.’ »
L’histoire avec Peugeot Cycles commence par une observation faite sur un salon. À l’été 2023, aux ProDays de Paris, « on s’aperçoit que Stellantis et Peugeot ont décidé avec Cycle Europe que Cycle Europe ne serait plus licencié Peugeot à partir du 31 décembre 2025. C’est sans doute l’une des raisons qui ont poussé les actionnaires de Cycle Europe à céder l’entreprise. »
Grégory Trebaol reconstitue alors le raisonnement du Cycle Europe : « En 2025, j’ai un renouvellement du marché Véligo que je n’aurai pas. Je perds Peugeot. J’ai un renouvellement du marché La Poste et, si je ne l’ai pas, je perds aussi La Poste. » Rebirth se manifeste directement auprès du concédant : « En janvier 2024, on dit à Stellantis : ‘Nous sommes candidats à la reprise de Peugeot’. »
La cession de Cycleurope s’enclenche quelques mois plus tard, et le groupe se positionne sur l’ensemble plutôt que sur des morceaux choisis. « On ne voulait surtout pas une vente à la découpe : on a horreur de cela. Ce qui nous intéresse, c’est le vrai projet industriel qu’on est capables de bâtir à Romilly », explique Grégory Trebaol, qui revendique la rapidité de l’opération : « Première visite le 28 avril, lettre d’intention le 10 mai, signature le 23 juillet. On a été les plus rapides. »
Trois objectifs avaient été fixés au moment de la reprise, effective en octobre 2024. Le premier était « la sauvegarde de la structure, du site, des effectifs et des équipes, avec la mise en place d’un nouveau projet industriel ». Le deuxième était le renouvellement du marché La Poste, obtenu en octobre 2025. Le troisième était la nouvelle licence Peugeot, signée en février 2026. « Voilà les trois axes qu’on s’était donnés comme programme de retournement. »
L’accord a été rendu public en juin, à l’occasion des 24 Heures du Mans automobile, avec une licence prolongée jusqu’en 2042 et une gamme couvrant l’urbain, le VTC, le gravel, la route et le VTT. La production en série est prévue à partir d’octobre 2026 à Romilly-sur-Seine, pour une commercialisation échelonnée entre la fin 2026 et le début 2027 dans les réseaux Vélo & Oxygen et OVELO, avec des pneumatiques Michelin. Les modèles motorisés par DJI Avinox, eux, sont attendus au printemps 2027.
Pour la suite, l’objectif est d’élargir l’offre et de sortir de France. « Pour Peugeot, la feuille de route est l’internationalisation et le lancement d’une gamme plus large que celle présentée au Mans, qui était une collection capsule de six ou sept modèles. Il s’agit donc d’élargir la gamme Peugeot Cycles », indique le dirigeant. Dans son esprit, la marque joue un rôle particulier dans le portefeuille : « Peugeot Cycles est aujourd’hui la marque capable d’apporter au groupe