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Actualité : "Le Soleil a un interrupteur, et nous savons le lire" : une physicienne peut prédire les prochaines tempêtes solaires 7 ans avant qu'elles ne frappent
Sandra Chapman, physicienne à l'Université de Warwick, a identifié un signal précis dans le cycle solaire qui permet d'anticiper les tempêtes capables de couper GPS, satellites et réseaux électriques. Sa méthode avait déjà annoncé les violentes tempêtes de 2024. Elle livre aujourd'hui sa première prédiction pour le prochain cycle.
© muratart - Illustration. Les tempêtes solaires les plus violentes peuvent perturber réseaux électriques, satellites et systèmes GPS. Une physicienne britannique a trouvé le moyen de les prédire sept ans à l'avance.
L'activité solaire extrême s'arrête net, au même point de chaque cycle. C'est la découverte présentée le 20 juillet 2026 par Sandra Chapman, professeure de physique et directrice du Centre for Fusion, Space and Astrophysics à l'Université de Warwick, lors du National Astronomy Meeting de la Royal Astronomical Society à Birmingham.
Le Soleil ne glisse pas en douceur vers le sommeil avant de se réveiller progressivement. La météo spatiale la plus extrême s'éteint de manière très soudaine, à un moment précis de chaque cycle solaire. En identifiant ce point, nous avons trouvé un nouveau moyen de prédire l'intensité du cycle suivant.
À un instant reproductible et identifiable de chaque cycle (qui dure environ onze ans), les événements les plus violents, éjections de masse coronale et tempêtes géomagnétiques extrêmes, cessent brutalement.
Pour débusquer ce signal, Chapman et son co-auteur Thierry Dudok de Wit, chercheur au CNRS et à l'Université d'Orléans, ont mis au point un outil baptisé "sunclock" (horloge solaire). Le principe : utiliser une transformation mathématique (la transformée de Hilbert) pour replier les cycles solaires, tous de durée différente, sur un cadran uniforme. Superposés ainsi, quatorze cycles révèlent un schéma invisible à l'œil nu.
L'horloge solaire ("sunclock") développée par Sandra Chapman. Chaque trait noir représente un événement de météo spatiale extrême enregistré sur Terre. Le point d'extinction ("switch-off") apparaît à un moment précis de chaque cycle, après lequel les événements les plus violents disparaissent.
© S.C. Chapman / Royal Astronomical Society (CC BY 4.0)
L'étude fondatrice, publiée dans Scientific Reports en avril 2024, a montré que le point d'extinction survient lorsque plus de 90 % des régions actives du Soleil ont migré en dessous de 15 degrés de latitude solaire. À ces latitudes, la rotation différentielle du Soleil (le fait que l'équateur tourne plus vite que les pôles) s'affaiblit fortement. Or c'est cette rotation différentielle qui alimente les éjections de masse coronale, ces bouffées de plasma responsables des tempêtes géomagnétiques sur Terre. Quand le moteur faiblit, les tempêtes s'arrêtent.
Le nombre de taches solaires présentes à cet instant précis d'extinction est corrélé à l'intensité du cycle suivant. En le relevant, les scientifiques obtiennent une prédiction six à sept ans avant le prochain pic d'activité, un délai inédit.