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Actualité : Ne découpez plus jamais vos cartes bancaires périmées : voici pourquoi ce geste est une erreur
C'est une habitude mécanique qui remonte à plusieurs décennies : dès qu'une carte bleue arrive à expiration, nous l'éminçons minutieusement pour empêcher toute fraude. Ce geste machinal est pourtant devenu un contresens total. Entre risques d’émanations toxiques, gaspillage de métaux rares et pollution, les institutions financières et les professionnels du recyclage supplient désormais de laisser les ciseaux au tiroir.
© Shutterstock / New Africa - Ne coupez surtout pas votre carte bancaire périmée aux ciseaux
Ce rituel est profondément ancré dans notre quotidien : carte périmée égale destruction manuelle immédiate. Pourtant, cette supposée mesure de sécurité s'avère aujourd'hui contre-productive pour l'environnement et potentiellement nocive pour la santé. Enquête sur la face cachée de nos vieux moyens de paiement.
Le moment charnière se situe en 2016 avec l'arrivée du cryptogramme dynamique. Pour afficher ces trois chiffres qui changent toutes les heures, les fabricants comme Idemia ont dû loger une prouesse technologique dans 0,76 mm d'épaisseur : un écran e-paper, un microcontrôleur et surtout une pile au lithium ultra-fine.
C'est ici que le coup de ciseaux devient problématique. En sectionnant cette micro-batterie, vous risquez un court-circuit chimique. Si l'incident reste rare, il peut libérer du fluorure d’hydrogène. Ce gaz, au contact de l'humidité de vos yeux ou de vos bronches, se transforme en acide fluorhydrique, l'une des substances les plus corrosives qui soit. Ce qui n'était qu'un morceau de plastique est devenu, au sens de la loi, un DEEE (Déchet d’Équipement Électrique et Électronique) qu'il ne faut plus vandaliser.
Une carte bancaire pèse à peine 6 grammes, mais elle cache une concentration de métaux précieux fascinante. On y trouve de l'or, du cuivre et du palladium, un métal critique dont l'Europe manque cruellement. À l'échelle des 112 millions de cartes en circulation en France, le gisement représente environ 120 kg d'or.
Le gain écologique est massif : recycler l'or d'une carte émet 93 % de CO2 en moins que son extraction minière traditionnelle. Pourtant, le taux de collecte actuel plafonne sous la barre des 6 %. La majorité de nos cartes finissent incinérées avec les ordures ménagères, perdant ainsi des ressources qui auraient pu être réinjectées dans la fabrication de nouveaux composants ou même de profilés de fenêtres en PVC recyclé.
La principale raison qui nous pousse à "massacrer" nos cartes reste la peur de la fraude. C'est pourtant un combat d'arrière-garde. Les experts en sécurité sont formels : une fois la carte désactivée ou expirée dans le système de votre banque, elle devient inopérante.
Même si un fraudeur récupérait vos numéros, les nouvelles normes de sécurité (authentification forte DSP2) rendent les achats en ligne quasi-impossibles sans un accès à votre smartphone. Le "folklore" de la découpe n'a donc plus d'utilité réelle. Au contraire, les banques (BNP Paribas, Crédit Agricole, Caisse d'Épargne) demandent désormais de rapporter les cartes entières. C'est la condition indispensable pour que les robots de tri puissent séparer proprement les métaux du plastique.
Le geste de demain est plus simple que celui d'hier :