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Actualité : Des ingénieurs ont créé une veste qui remplit votre gourde d'eau potable à partir de l'humidité dans l'air
Et si la solution pour toujours avoir de l'eau à portée de main était de s'abreuver de l'humidité dans l'air ? C'est en tout cas la solution proposée par des ingénieurs de l'université du Texas à Austin. Les chercheurs ont créé une veste qui génère de l'eau potable à partir de l'humidité dans l'air.
C'est dans la revue Science Advances que ce projet a été présenté. Les essais sur le terrain des ingénieurs montrent qu'elle est capable de capter entre 410 et 894 millilitres par jour avec leur veste. Le tout repose sur un principe appelé récupération d'eau atmosphérique. L'air contient de la vapeur d'eau, même lorsque le ciel est dégagé. Ce textile la capte avant de la relâcher sous l'effet de la chaleur.
Guihua Yu, professeur au Texas Materials Institute de l'université du Texas à Austin, dirige ces travaux avec Chuxin Lei, chercheur du même laboratoire. La fibre utilisée se compose de cellulose végétale. Depuis 2019, le laboratoire de Guihua Yu publie sur ses hydrogels absorbeurs.
Les chercheurs dissolvent cette cellulose dans une solution de lithium et d'urée refroidie à moins de -12 degrés, filent le mélange puis le réticulent avant de le tremper 24 heures dans du chlorure de lithium. La lyophilisation boucle le processus.
En gros, les chercheurs ont créé une fibre qui aspire la vapeur, comme un sachet absorbeur d'humidité, sauf qu'elle rend son eau à basse température. Les canaux internes du textile dirigent l'eau vers de petits modules détachables intégrés dans la veste.
Ensuite, il suffit que le porteur détache les panneaux du tissu et les glisse dans un collecteur pliable. Il ne suffit que d'une petite chaleur apportée par le soleil ou une petite résistance électrique pour chasser la vapeur du textile. Ensuite, elle se condense contre une paroi plus froide et s'écoule sous forme de liquide. L'eau récupérée est même potable selon les mesures des chercheurs.
Derrière tout ce processus technique un peu lourd, une possible solution pratique et rapide si ce prototype atteint une conception de série. On parle quand même d'un rendement de 3,76 à 7,45 litres par kilogramme de matériau absorbant et par jour, soit 3 à 10 fois mieux que les solutions comparables selon les chercheurs.
Ce total permet d'atteindre 410 à 894 millilitres d'eau potable par jour selon l'humidité ambiante. C'est presque un litre et donc près de la moitié des deux litres qu'un adulte boit chaque jour, de quoi tenir jusqu'à la prochaine source.
Les essais ont eu lieu dans le désert de Chihuahua au* Nouveau-Mexique, mais aussi à Austin au Texas, soit dans deux climats opposés. L'équipe a aussi testé un prototype portable bâti sur la même technologie hydrogel qui donne 1,3 litre par jour. Ce projet fut publié dans la revue Nature* Water et Weixin Guan, auteur principal de l'étude, décrit une technologie enfin utilisable sur le terrain après des années de conception.
L'université du Texas à Austin a déposé un brevet, mais il n'y a aucune date de commercialisation pour le moment. Il reste aussi des obstacles comme la durabilité du textile et le contrôle de la qualité de l'eau. Les chercheurs travaillent déjà sur des sacs à dos et des tentes qui utilisent le même hydrogel.