// CLUBIC — SPAZIO & SCIENZA
Les États-Unis abandonnent les catapultes du futur, la France assure que son porte-avions n'est pas menacé
Le POTUS Donald Trump a ordonné, jeudi, l’abandon des catapultes électromagnétiques sur un futur porte-avions de l’US Navy, au profit d’un retour à la vapeur. Le ministère français des Armées a assuré, samedi, que cette décision ne menaçait pas l’approvisionnement du futur porte-avions France-Libre en systèmes équivalents.
Un Rafale au repos pèse près de 15 tonnes ARMé. Pour décoller depuis un pont de porte-avions long de moins de 300 mètres, il doit atteindre en un peu plus de deux secondes une vitesse proche de 260 km/h. Aucun réacteur, aussi puissant soit-il, n’y parvient seul : il faut le propulser depuis le pont. C’était grâce à la vapeur qu’une telle propulsion était possible depuis les années 1950.
Puis, en 2017 l’entrée en service du porte-avions américain USS Gerald Ford, a vu l’électromagnétisme prendre le relais, avec la promesse de lancements plus réguliers et mieux dosés. Pourtant, Donald Trump vient de demander de faire machine arrière.
La Maison Blanche a signé, jeudi, un mémorandum sur le CVN-81, le futur USS Doris Miller, quatrième porte-avions de la classe Ford. Le texte demande le remplacement des catapultes électromagnétiques EMALS par des catapultes à vapeur, et des ascenseurs à munitions hydrauliques plutôt qu’électriques. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth dispose de soixante jours pour présenter un calendrier et une estimation des moyens nécessaires. Les trois porte-avions de la classe Ford déjà en service ou en construction, l’USS Gerald Ford, l'USS John F. Kennedy et l'USS Enterprise, conservent en revanche leurs catapultes électromagnétiques.
Donald Trump avait déjà exprimé cette préférence en octobre 2025, à bord de l'USS George Washington, lors d’une visite au Japon. « Ils dépensent des milliards à construire de l'électrique débile, avait-il lancé. Le problème, c'est que quand ça tombe en panne, il faut faire venir en avion les gens les plus brillants du MIT. La vapeur, eux disent qu'on peut la réparer au marteau et au chalumeau ».
Entre novembre 2019 et septembre 2020, les catapultes de l'USS Gerald Ford avaient effectivement connu une panne tous les 181 lancements, loin de l’objectif fixé à plus de 4 000 lancements sans incident. Mais un essai mené en février sur ce même porte-avions a dépassé le rythme de sorties des porte-avions de la classe Nimitz, à catapultes vapeur, sans que la marine américaine en publie le détail.
L'’industriel américain General Atomics, qui fabrique les catapultes du Doris Miller dans le cadre d’un contrat d’environ 1,04 milliard d’euros, a mis en garde contre les conséquences du changement : la production est déjà réalisée à près de 50 %, ce qui ferait courir des « risques significatifs de coûts, de délais et d'intégration ».
Sollicité par l’Agence France-Presse, le ministère français des ARMées a transmis samedi une déclaration écartant tout impact sur le futur porte-avions France-Libre. « Aucun risque technique ou industriel particulier n'est identifié pour la fabrication des catapultes électromagnétiques destinées au [prochain porte-avions] France-Libre, ou leur entretien dans les prochaines décennies », affirme le ministère.
Tout est une question de calendrier. La décision de Donald Trump s’applique au porte-avions devant être livré en 2034 ; les trois précédents resteront équipés en catapultes électromagnétiques. « Les trois premiers porte-avions, qui sont, soit en service, soit en construction, sont déjà équipés de catapultes électromagnétiques. Ces équipements sont développés et opérationnels. La chaîne de fabrication et d'entretien de ces catapultes est donc active », précise le ministère. La Direction générale de l’armement, ajoute-t-il, poursuit ses échanges avec ses homologues américains, qui mènent de leur côté leurs propres analyses.
Le secrétaire à la Marine américaine, John Phelan, avait mis en cause, dans les mois précédents, les performances et les coûts du système EMALS. Yannick Chenevard et Jean-Louis Thiériot, rapporteurs de l’actualisa