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En Chine, le marché noir des batteries de voitures électriques débride (et enflamme) les scooters
Lorsqu’une voiture électrique arrive en fin de vie, plusieurs options s’offrent pour la batterie. Celle-ci peut être réutilisée dans un autre véhicule, si elle n’est pas trop âgée ou endommagée. Sinon, elle est envoyée au recyclage, pour être démantelée. Ensuite, les composants sont valorisés et peuvent servir à fabriquer de nouveaux packs. Ainsi, au fil des années, l’industrie du recyclage s’est fortement développée, afin de rendre les autos plus propres. Mais aussi réduire la demande en lithium dans le monde.
Cependant, une nouvelle pratique a récemment vu le jour en Chine, et elle met les autorités sur le qui-vive. C’est ce qu’explique le site Numerama, qui relaie une enquête de la chaîne d’État chinoise CCTV, repérée par Car News China.
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Des réseaux d’escrocs utilisent des batteries de voitures électriques usagées pour trafiquer des deux-roues. Le procédé est simple. Les faussaires récupèrent des accumulateurs normalement destinés au recyclage grâce à la complicité de certaines entreprises spécialisées.
Mais bien évidemment, il n’est pas question d’installer une batterie telle quelle sur un e-bike. Cette dernière est démontée, et seules les cellules nécessaires sont conservées. Elles sont sélectionnées puis ressoudées entre elles afin de fabriquer un module qui sera installé sur le scooter électrique. Une opération réalisée à un prix très bas d’environ 2,7 euros (20 yuans), et dans des conditions précaires. Nous sommes ici loin d’une usine de pointe, car ces transformations sont tout à fait illégales. Et pour cause, le gouvernement chinois est très strict sur la question.
Depuis le 1er avril 2026, Pékin a mis en place une réglementation sévère afin de suivre toute la vie du pack batterie, « du berceau à la tombe ». Or visiblement, les faussaires ont tout de même trouvé un moyen de contourner les règles. Mais au fait, quel est l’intérêt ? Le but est ici de débrider des scooters électriques, qui sont normalement limités à une petite batterie de 48 volts. Mais pour offrir plus de puissance et d’autonomie, un pack de 60 ou 72 volts est nécessaire.
Sauf que cette opération, réalisée à moindre coût et dans des conditions très sommaires, n’est pas sans risques. Car les escrocs suppriment certains éléments jugés inutiles et qui prennent trop de place. Parmi eux, les systèmes de protection contre les surcharges, les courts-circuits et les surintensités. Or, ce dispositif, aussi connu sous le nom de BMS, est indispensable pour éviter les surchauffes. Ainsi, selon la CCTV, 33 % des incendies de e-bike sont causés par des transformations illégales.
Par ailleurs, 80 % des cellules à l’origine de ces incendies proviennent de batteries de véhicules électriques récupérées. Celles-ci le sont grâce à toutes sortes de moyens par les faussaires. Certains sont de mèche avec des entreprises spécialisées dans le recyclage, qui revendent une partie de leur stock au marché noir. De plus, certains escrocs utilisent de fausses stations d’échange de batterie ou encore des entrepôts non référencés.
L’enjeu financier est colossal : selon l’enquête, le marché chinois du recyclage des batteries pèse aujourd’hui environ 527 milliards de yuans (près de 70 milliards d’euros) et pourrait dépasser 1 890 milliards de yuans (environ 250 milliards d’euros) d’ici 2030. De quoi expliquer pourquoi un marché noir parallèle prospère malgré les contrôles.
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