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Actualité : SpaceX lance Starfall, une capsule secrète pour fabriquer dans l'espace ce qu'on ne peut pas produire sur Terre
Avec le lancement discret de sa capsule Starfall, SpaceX s’attaque au marché de la manufacture spatiale. L’objectif est de ramener sur Terre des produits fabriqués en orbite.
© SpaceX - La page de lancement de la mission Starfall Demo sur le site de SpaceX, seule communication officielle de l'entreprise sur le projet.
Ce mardi 23 juin, SpaceX lancera la première mission de démonstration de Starfall, une capsule de rentrée atmosphérique en forme de disque, conçue pour ramener sur Terre des produits fabriqués en orbite. Développé dans la plus grande discrétion, le véhicule vise le marché encore balbutiant de la manufacture spatiale.
La fenêtre de tir s’ouvrira à 12h43 (heure de Paris) depuis le complexe SLC-40 de Cape Canaveral, en Floride, avec un créneau de secours prévu le 24 juin. Le Falcon 9 chargé de la mission s’appuiera sur le booster B1078, un vétéran qui s’apprête à voler pour la 29e fois. SpaceX n’a publié aucune communication officielle sur Starfall, en dehors d’une page de lancement particulièrement laconique. Tout ce que l’on sait du véhicule provient de documents déposés auprès de la FAA (l’autorité aérienne américaine) et de la FCC (le régulateur des télécommunications).
Oubliez la silhouette conique des capsules traditionnelles. Starfall ressemble à un palet : un cylindre plat de 3,1 m de diamètre pour seulement 75 cm de hauteur, affichant une masse de 2100 kg. Sa capacité d’emport atteint 1000 kg de charge utile, soit 25 à 30 fois la capacité des capsules W-Series de Varda Space Industries, l’acteur de référence du secteur.
Avant l’amerrissage dans l’océan Pacifique, à environ 1300 km au large de la Californie, son bouclier thermique en fibre de carbone de 700 kg sera largué mécaniquement, puis récupéré séparément par les équipes maritimes.
Derrière ce vol de démonstration se cache une ambition bien plus vaste. Les documents de la FAA présentent Starfall comme l’héritier industriel de la Station spatiale internationale (ISS), pensé pour être déployé en série plutôt qu’en exemplaire unique, et comme un outil indispensable pour bâtir un “marché manufacturier spatial autonome”.
Produits pharmaceutiques, cristaux de protéines, semi-conducteurs ou encore fibres optiques : la microgravité permet de concevoir ces éléments sans les défauts liés à la pesanteur terrestre (sédimentation, déformation ou séparation des matériaux).
Le profil de vol d'un Falcon 9, du décollage à l'atterrissage autonome du booster sur barge. C'est ce lanceur qui emportera Starfall ce mardi depuis Cape Canaveral.
En intégrant verticalement le lancement et le retour de charge utile, SpaceX entre en concurrence frontale avec les start-up qui lui louent aujourd’hui des places à bord de sa Falcon 9 : Varda Space Industries, Inversion et Atmos Space Cargo. La logique commerciale reste identique à celle de Starlink : repérer une couche d’infrastructure dont d’autres dépendent, puis la posséder entièrement.