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Actualité : Entre "risques environnementaux" et "économie de demain", ce projet de data center dans l'Oise divise
Qui aura le dernier mot concernant le futur data center de Rantigny ? Il est encore trop tôt pour le savoir, mais le projet génère bien des échanges entre ses détracteurs et ses supporters.
© Gorodenkoff/Shutterstock - Le futur data center de Rantigny génère bien des débats.
Dans sa volonté de ne pas rater le train de l'IA, la France multiplie les projets de constructions et d'ouvertures de data centers. Il est souvent question de celui du futur Campus IA de Fouju, dont les travaux ont commencé il y a peu, avec pour vocation d'être le plus gros d'Europe. Mais d'autres projets plus modestes existent dans différentes régions, dont celui de Vallée Dorée de Rantigny dans l'Oise.
Après deux mois de consultations houleuses, une ultime réunion à son propos a eu lieu ce mercredi 19 août, tandis que l'enquête publique prendra fin le 26 août 2026. Si l'autorisation environnementale est délivrée en octobre, de nombreux habitants risquent de ne pas apprécier le début de chantier prévu pour 2027, et encore moins la mise en service en 2029.
Lors de cette réunion, près de 300 personnes de la commune concernée de 2 500 habitants étaient présentes. L'occasion pour les défenseurs du projet de tenter de rassurer et de convaincre de nombreuses personnes opposées à ce projet estimé à plus de 4 milliards d'euros. D'après France 3, c'est Microsoft qui serait derrière ce centre de données "porté par la SCI Alyssa dans l’objectif de permettre ultérieurement à une société spécialisée dans le domaine informatique d’exploiter le site".
Du côté des pour, Christophe Dietrich, maire (DVD) de Laigneville, souligne notamment que le projet permettra la création d'une centaine d'emplois. Il ajoute : "L’intelligence artificielle et le numérique seront au cœur de l’économie de demain. Le choix était : est-ce qu’on prend le train de cette économie-là ou on le laisse passer ? On a choisi de faire en sorte qu’il s’arrête ici."
Pour l'homme, le site sélectionné s'y prête particulièrement grâce à la présence d'une ligne à haute tension à proximité. Il ne concernerait que 3,4 hectares de terres agricoles en réutilisant l’ancien site Avon, quand les opposants parlent de 60 hectares. La page du projet promet aussi une "gestion responsable de l'eau" et une "maitrîse du bruit".
Du côté de Fayçal Idelcadi, porteur du projet, on tente de rassurer du côté écologique : "Les projets de data center font aujourd'hui beaucoup de controverses. Il faut cependant revenir aux études qui sont réalisées. Ce sont des infrastructures qui ont beaucoup évolué. On a proposé de mettre en place un comité de suivi [...] Beaucoup de mesures de compensation ont été réalisées et on continuera de les améliorer, on prendra en considération toutes les observations qui ont été faites."
Reste que de nombreux habitants et une pétition soulignent des problèmes de transparence et d'impacts environnementaux. "Quand je prends le train depuis Paris et que j'arrive à Rantigny, je me dis 'je vais retrouver mon village et de l'air frais'. Là, vous allez nous mettre un radiateur, qui fait du bruit !" souligne par exemple une personne. Du côté de Diane d'Harcourt, vice-présidente de l'association de défense des intérêts de Neuilly-sous-Clermont, elle s'indigne : "Dans un rayon de 700 mètres autour du projet, la température va augmenter de 5°C. C'est intolérable ! On voit bien les étés qu'on a, on a plus d'eau."
Si ce chiffre est probablement un peu exagéré, l'augmentation de la température autour du data center sera cependant bien réelle. De plus, Diane d'Harcourt évoque un autre souci potentiel lié à la consommation de ressources et au réchauffement notamment engendrés par ce genre de centre de données : "Le village de Neuilly-sous-Clermont est construit sur une nappe phréatique. Nous sommes juste protégés par une couche d'argile. Si elle sèche, c'est notre village entier qui va voir ses maisons se fissurer, peut-être même certaines s'écrouler."