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Actualité : “On me branche à la Matrice” : atteint de la maladie de Charcot, cet implant cérébral lui a redonné la parole avec 99 % de précision
Lorsque la maladie de Charcot dérobe progressivement les muscles puis la parole, communiquer devient “absolument tout” pour une famille. Prisonnier de ce lourd silence, Casey Harrell parvient aujourd'hui à s'exprimer à nouveau en totale autonomie depuis son domicile grâce à une interface cerveau-machine. Cet exploit technique lui permet de faire entendre sa voix à sa fille et offre, selon sa femme Levana, l’opportunité concrète de choisir le combat et de mener une existence riche, vibrante et connectée.
© UC Davis Health / BrainGate Clinical Trial / Capture YouTube - Le patient Casey Harrell, atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), utilise l'interface cerveau-machine (BCI) directement depuis son domicile à Sacramento. Équipé de capteurs crâniens reliés à des algorithmes de décodage neuronal, il parvient à contrôler son ordinateur personnel et à communiquer par le texte en toute autonomie.
Pendant près de deux ans, un Américain atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA) a utilisé chez lui une interface cerveau-ordinateur capable de traduire son activité cérébrale en texte et de contrôler un ordinateur. Les résultats, publiés dans Nature Medicine, et vulgarisés par le Centre médical UC Davis, montrent une technologie suffisamment stable pour accompagner le quotidien, le travail et les échanges personnels sur de longues périodes.
L'étude s'appuie sur le parcours de Casey Harrell, 47 ans. Implanté en 2023 de quatre matrices de microélectrodes dans le gyrus précentral, il exploite le dispositif de façon journalière. Le patient décrit lui-même sa routine avec une touche d'humour : “Je me lève, on me transfère sur mon fauteuil, je m'approche du bureau et puis on me branche à la Matrice, pour ainsi dire”.
Cette configuration à domicile lui permet une assiduité impressionnante, son temps de connexion étant rapidement passé “d'une ou deux heures par semaine à plus de 70 heures”.
L'écran de contrôle affichant en temps réel les phrases formulées par la pensée par Casey Harrell, vues depuis son poste de travail.
Les résultats obtenus dépassent largement les standards habituels des laboratoires. Avec une vitesse moyenne de 56 mots par minute et une justesse frôlant les 99 % sur un dictionnaire de 125 000 mots, les performances techniques répondent aux exigences d'un usage quotidien fluide pour les utilisateurs finaux. Ces bénéficiaires profitent ainsi d'une liberté de communication retrouvée.
Casey se sert du système pour communiquer ses propres pensées en toute indépendance, à sa propre initiative. Il lui arrive de l'activer pendant 12 heures consécutives. Le système fonctionne bien, reste stable et délivre des résultats constants.
L'équipe scientifique a réussi le transfert de cette innovation de l'environnement clinique restreint vers le confort du foyer ; le patient gère ses courriels, explore internet et converse avec ses proches à sa convenance. L'association de la saisie de texte par la pensée et du contrôle du pointeur garantit le maintien de son activité professionnelle, malgré sa paralysie sévère.
Interface logicielle montrant la cartographie thermique des signaux électriques et des pics d'activité neuronale enregistrés par les microélectrodes.