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« L’ère du smartphone bon marché est révolue » : le scénario catastrophe se confirme toujours plus
Le cabinet d’études IDC vient de revoir ses prévisions à la baisse dans son dernier rapport : les livraisons mondiales de smartphones devraient chuter de 16,7 % en 2026, du jamais-vu dans l’histoire du secteur. En mai, le même cabinet tablait encore sur un recul de 13,9 %, déjà présenté comme un record. En quelques mois, la situation s’est donc nettement dégradée. La cause de cette chute reste la même : la fameuse crise de la mémoire vive.
La mémoire (la DRAM et la NAND flash) coûte aujourd’hui près de 300 % plus cher qu’il y a un an, car les fabricants de puces réorientent leur production vers les centres de données dédiés à l’IA, bien plus rémunérateurs que les smartphones.
Francisco Jeronimo, vice-président en charge des appareils clients chez IDC, résume la situation ainsi : « Ce sont les consommateurs qui commencent à payer la facture de l’IA. » Incapables d’absorber seuls cette hausse, les constructeurs de smartphones la répercutent donc sur le tarif de leurs produits.
Le prix de vente moyen d’un smartphone devrait ainsi grimper de 27,6 % sur un an pour atteindre 581 dollars (environ 500 €) en 2026. La tendance se vérifie déjà chez certains fabricants, avec des modèles techniquement quasi identiques à leur prédécesseur mais affichés 100 euros plus cher que la génération précédente.
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Paradoxalement, le marché rétrécit en volume mais gagne en valeur, note IDC. « Ce qui rend la situation actuelle inhabituelle, c’est que le marché se contracte tout en prenant de la valeur. La valeur totale du marché devrait néanmoins progresser de 6,3 % pour atteindre 613 milliards de dollars, car la hausse des prix compense désormais largement le rôle joué auparavant par les volumes. »
Tous les segments de smartphone ne souffrent pas de la même façon. Les livraisons d’appareils Android doivent plonger de 24,3 % en 2026, plombées par l’effondrement de l’entrée de gamme. Sur le seul deuxième trimestre, les modèles vendus sous les 100 dollars, soit moins de 85 euros, ont chuté de près de 60 % sur un an. Ce sont précisément ces premiers prix qui servaient longtemps de porte d’entrée vers Android qui souffrent le plus.
À l’autre bout du spectre, iOS encaisse bien mieux le choc : IDC n’attend qu’un repli de 1,3 % des livraisons d’iPhone en 2026, et la part de marché d’Apple grimperait même à un record de 23,6 %. Autrement dit, c’est bien l’écosystème Android, et surtout son entrée de gamme, qui concentre l’essentiel de la chute.
« Les fabricants Android, spécialisés dans les appareils d’entrée de gamme et dont les marges étaient déjà très faibles, réduisent la production de leurs modèles d’entrée de gamme et privilégient les produits haut de gamme. Au deuxième trimestre 2026, ce segment a enregistré une baisse de près de 60 % par rapport à l’année précédente et devrait chuter encore plus rapidement au second semestre », note IDC.
Sur ces modèles, les marges étaient déjà minces : mécaniquement, la crise de la mémoire n’a fait qu’empirer les choses. Augmenter les prix devient donc presque une question de survie, sous peine de voir la gamme disparaître.