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« Stop Smart Glasses » : la pétition qui veut faire interdire les lunettes de Meta qui filment tout et partout
Liz Hunter n’a aucune formation de développeuse. Cette fondatrice de startup et mère de famille londonienne en avait simplement assez de croiser des Ray-Ban Meta à tous les coins de rue, et de lire des témoignages de femmes filmées à leur insu. Faute de trouver une pétition à la hauteur de sa colère, elle a monté en une semaine, à l’aide de quelques outils d’IA, le site Stop Smart Glasses. Elle veut purement et simplement faire interdire les lunettes caméra de Meta, mais aussi celles des autres constructeurs dans tout le Royaume-Uni.
Le site n’est pas qu’un manifeste, il propose une boîte à outils pour passer à l’action :
Cette pétition rassemble un peu plus de 7300 signatures à l’heure actuelle. Il en faut au moins 10 000 pour obtenir une simple réponse du gouvernement. La colère, elle, ne sort pas de nulle part. Selon Cybernews, la seule enseigne John Lewis référence 37 modèles de lunettes connectées, de 269 à 479 livres (environ 315 à 560 euros). Et un sondage YouGov de mars 2026 chiffrait à 49 % la part de Britanniques favorables à leur interdiction dans l’espace public, contre 30 % d’opposants.
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Le cœur du problème tient à un détail : la caméra logée dans la monture permet de filmer sans lever son téléphone, donc sans que personne autour ne s’en rende compte. TechRadar rapporte des vidéos de « drague » où des hommes abordent des femmes en les enregistrant à leur insu, et des adolescents américains qui s’en servent pour harceler des filles au lycée.
Meta a bien déployé un correctif en juillet qui coupe la caméra quand on trafique la petite LED censée signaler l’enregistrement. Sauf que des chercheurs jugent ce voyant trop discret et facile à masquer, et que certains ont déjà trouvé comment le neutraliser.
L’entreprise, elle, met en avant l’accessibilité : ses lunettes aident les personnes aveugles ou malvoyantes à gagner en autonomie, et Meta a offert 15 000 paires à l’association Vision Ireland, rappelle l’Irish Times. Un porte-parole prévient qu’encadrer trop strictement cet usage serait « un grand pas en arrière ». Pour Hunter, c’est surtout un paravent marketing pour pousser la porte du grand public.
Et le problème dépasse largement Meta. Samsung, Apple et Google planchent tous sur des lunettes connectées ; on connaît déjà pas mal de choses sur les futures Galaxy Glasses, que nos confrères de Numerama ont d’ailleurs pu prendre en main.
Le gouvernement britannique a redit en juin qu’il ne comptait pas légiférer spécifiquement, renvoyant aux lois déjà en vigueur. Les pétitions virales débouchent rarement sur une loi, Hunter le sait très bien, mais elle a rendu son site open source pour qu’il se réplique pays par pays. Un soutien américain veut déjà lancer sa version, quand la Norvège travaille de son côté à durcir ses règles, en visant notamment la reconnaissance faciale dans l’espace public, élément que souhaiterait ajouter Meta à ses lunettes.
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