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Actualité : L'enfer des câbles : comment l'USB-C a tué nos tiroirs de la honte (et un peu de notre nostalgie)
Pop-Port, FastPort, FireWire, Péritel, VGA : nos tiroirs débordent de câbles qui ne servent plus à rien. L'USB-C a mis fin à ce chaos, et c'est une bonne nouvelle. Mais en unifiant la forme des connecteurs, il a fait disparaître une information que la prise donnait autrefois d'un simple coup d'œil : ce que l'appareil savait faire.
© Shutterstock - L'enfer des câbles : comment l'USB-C a tué nos tiroirs de la honte (et un peu de notre nostalgie)
Ouvrez le tiroir. Celui du bas, dans le meuble du salon. Il y a forcément une nappe grise IDE, un câble Péritel à moitié dessoudé, un chargeur cylindrique Nokia et deux ou trois choses que plus personne ne sait identifier. Ce tiroir raconte une époque précise : celle où chaque constructeur voulait sa prise, son chargeur, son adaptateur.
Les mobiles du début des années 2000 ont été le terrain d'essai le plus créatif, et le plus cruel. Chaque marque cherchait le port unique capable de gérer à la fois l'alimentation, les données et l'audio.
Siemens ouvre le bal en 2002 avec le Slim-Lumberg, douze broches sur un connecteur très large et très fin, soudé à plat sur la carte mère. S'asseoir avec le téléphone branché dans sa poche exerce une torsion que ce montage n'a jamais été conçu pour encaisser. Les pastilles de soudure lâchent. L'appareil est mort.
Sony Ericsson fait à peine mieux en 2005 avec le FastPort, maintenu par deux minuscules crochets en plastique. Une fois brisés, le câble tombait sous son propre poids. Certains propriétaires en étaient réduits à enrouler un élastique autour du téléphone pour maintenir le contact.
Nokia lance la même année le Pop-Port : une languette plastique couverte de contacts dorés, pour les données, l'audio et les accessoires. Mais pas la charge, qui exigeait une prise cylindrique séparée sur un autre port. Sa connexion superficielle craignait la poussière de poche autant que l'usure des crochets, et le balancement de la jambe pendant la marche suffisait à interrompre la musique.
Les appareils photo, eux, ont inventé le piège inverse : des connecteurs qui se ressemblaient trop. Le Mini-USB B à cinq broches, le petit trapèze qu'on trouvait aussi sur les GPS et les manettes PS3, cohabitait avec le UC-E6 de Nikon et ses huit broches, puis avec les douze broches des CB-USB d'Olympus. Même silhouette, même famille de nom, aucune compatibilité. Sony, lui, restait sur un Multi Terminal maison. Résultat : quatre câbles quasi identiques dans le tiroir, dont un seul entrait dans l'appareil.
Tous ces connecteurs n'ont pas échoué. FireWire, standardisé sous le nom IEEE 1394 et rebaptisé i.LINK chez Sony, était même excellent. Sa spécialité : le transfert isochrone, qui réservait de la bande passante aux flux sensibles au temps au lieu de les faire passer quand il restait de la place. Idéal pour capturer une cassette MiniDV sans perdre une image ni décrocher la bande sonore.
Ceux qui ont monté des vidéos à cette époque s'en souviennent autrement. Une heure de bande demandait une heure de capture, en temps réel, caméscope relié à l'ordinateur par un câble à quatre, six ou neuf broches. Il s'est même offert une seconde vie en 2003 avec le FireWire 800, la norme IEEE 1394b : deux fois plus rapide, mais un connecteur bêta à neuf broches incompatible avec les câbles existants. Il fallait un cordon bilingue pour raccorder l'ancien matériel. FireWire n'est donc pas mort de ses défauts. Il est mort de l'USB, moins cher à intégrer et présent partout. Apple a livré son dernier Mac équipé nativement en 2012.