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Actualité : ZFE : beaucoup de contraintes pour pas grand-chose ? L'Insee livre son bilan
L'Insee vient de publier une étude statistique évaluant l'effet des ZFE sur le verdissement du parc automobile et la réduction des émissions polluantes. Le constat s'avère mitigé.
© HJBC/Shutterstock - Les ZFE ont bien un impact positif, mais dans quelle mesure?
S'il y a un sujet automobile qui a divisé la population française ces derniers mois, c'est bien celui des ZFE (Zones à faibles émissions). Jugée par certains trop contraignante, voire socialement injuste car obligeant à changer de véhicule pour continuer à circuler dans les métropoles concernées, la mesure a été passée au crible par l'Insee.
L'Institut national de la statistique et des études économiques s'est penché sur la mise en place de ces zones dans neuf grandes métropoles régionales entre 2014 et 2024. Paris a été exclue de l'étude, car “trop spécifique par rapport au groupe de contrôle”, constitué de 26 intercommunalités de taille similaire. L'objectif : savoir si ces ZFE jouent bien un rôle dans le renouvellement et le verdissement du parc automobile et contribuent ainsi au recul des émissions polluantes.
L'introduction de l'étude est claire : oui, les ZFE jouent un rôle positif. Le dispositif encourage le renouvellement du parc automobile en faveur de voitures moins polluantes, tandis que mécaniquement la pollution (émissions d’oxydes d’azote, de particules fines et de dioxyde de carbone) diminue. Cependant, “l’effet des ZFE reste toutefois faible par rapport au renouvellement tendanciel du parc, lié à l’obsolescence progressive des véhicules anciens et leur remplacement par des véhicules neufs”.
En d'autres termes, ce système contraignant ne représente pas la part majeure de l'amélioration observée, qui découle avant tout du renouvellement naturel du parc automobile vers des véhicules globalement moins polluants.
Répartition des catégories Crit'Air dans le parc automobile.
D'après l'étude, sur cinq ans, le parc des voitures les moins polluantes (Crit’Air 1 et électriques) a augmenté de 88,4 % dans les intercommunalités dotées d’une ZFE, dont seulement 5,8 points sont attribuables directement au dispositif. Même constat concernant le recul des véhicules les plus polluants. Les voitures classées Crit’Air 3 et Crit’Air 4 enregistrent des baisses totales de -34,5 % et -53,6 %, dont seulement -4,5 et -5,5 points sont directement liés aux restrictions des ZFE.
Évolution des émissions polluantes des voitures entre 2014 et 2024.
Sans surprise, la baisse de la pollution est plus accentuée dans les agglomérations dotées d’une ZFE, mais ce mouvement est surtout porté par le verdissement généralisé du parc automobile via l'essor de l'électrique et de l'hybride. En 2024, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) des voitures étaient inférieures de 48,3 % par rapport à leur niveau de 2014 dans les ZFE régionales, contre 39,5 % hors ZFE.