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Après un été d'incendies dévastateurs, le long parcours des sinistrés pour être indemnisés
Les assureurs prévoient 500 millions d’euros d’indemnisations pour quelque 25 000 sinistrés des incendies de l’été. Malgré des mesures exceptionnelles, les démarches s’annoncent longues et complexes.
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Voilà un mois, début août, que les habitants, notamment ceux du Porge, ont pu rentrer chez eux après l’incendie dévastateur en Gironde, où 42 000 hectares ont brûlé. Au niveau national, 119 000 hectares sont partis en fumée, de quoi faire de 2026 l’année du plus grand nombre d’hectares brûlés en France. Pour les dizaines de milliers de sinistrés, un long parcours commence désormais avec les assureurs.
Ces derniers prévoient déjà un niveau historique d’indemnisation : 500 millions d’euros, selon France Assureurs, pour quelque 25 000 sinistrés touchés par les incendies en Gironde, dans les Landes ou encore dans le Var. Un bilan qui pourrait encore grimper, car certains dégâts sont toujours en cours d’évaluation. À titre de comparaison, en 2022, dernier été marqué par d’importants incendies, notamment en Gironde, 2 000 sinistrés avaient été recensés pour 80 millions d’euros d’indemnisations.
Parmi les 25 000 dossiers de cet été, 21 000 concernent les biens de particuliers et environ 3 000 des professionnels. Plus de 1 800 dossiers ont notamment été ouverts au titre de pertes d’exploitation sans dégâts, provoquées par l’arrêt forcé de l’activité économique. Cela concerne, par exemple, les campings en Gironde et, plus globalement, les acteurs du tourisme qui n’ont pas pu travailler à cause des évacuations. Au total, 30 000 habitants ont été évacués, tandis que 200 maisons et 60 bâtiments commerciaux ont été détruits.
Il y a un peu plus d’un mois, Biscarrosse, dans les Landes, était ainsi ravagée par les flammes. Entre le 23 et le 30 juillet, l’incendie a détruit 3 600 hectares de forêt. Avant de penser à reconstruire, les sinistrés doivent d’abord obtenir l’indemnisation de leur assurance. Et beaucoup dénoncent la lenteur et la complexité des démarches.
L’incendie a notamment ravagé les deux entreprises de Florence Guerro, l’une spécialisée dans les travaux publics, l’autre dans l’assainissement. Engins, véhicules, ordinateurs, archives : tout a été réduit en cendres, raconte celle qui est également conseillère municipale déléguée au commerce et à l’artisanat.
"Tout a été carbonisé, brûlé. Il ne reste vraiment plus rien du tout, même pas un petit stylo. Plus rien du tout "
Ses huit salariés ont repris le travail mardi 1er septembre avec du matériel de location, mais toujours sans bureau ni sanitaires. Florence Guerro estime avoir perdu l’équivalent de 1,5 million d’euros. Un montant lui-même difficile à établir après 26 années d’activité. "On est vraiment au plus bas parce qu'on ne pense pas à tout, souligne-t-elle. Je vous le dis franchement, on ne peut pas penser à tout ce qu'on avait. Quelque 26 ans de matériel et d'outillage, c'est compliqué à chiffrer."
À cette difficulté s’ajoute la longueur des démarches. La cheffe d’entreprise ne s’attendait pas à un tel défilé d’experts. "On reçoit tous les jours un expert pour une machine, un engin, un matériel, reprend Florence Guerro On n'a pas un expert qui va tout faire. C'est une bataille continuelle. Tous les jours, on nous remet dans le bain de cet incendie. Je ne sais pas jusqu'à quand ça va durer. On a toujours le bâtiment qui n'a pas été expertisé. Moralement, c'est très très compliqué."