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Actualité : “Ces cas ne relèvent pas d’un abus classique” : Anthropic dévoile des projets d’armes biologiques et de cyberattaques neutralisés après-coup
Dans un long rapport publié ce jeudi, Anthropic détaille les usages détournés, et surtout dangereux, de son IA, tout en affirmant avoir neutralisé les menaces détectées.
© Samuel Boivin/Shutterstock - Anthropic assure avoir tout sous contrôle, mais son rapport sur les dérives de ses modèles inquiète plus qu'il ne rassure
Après les révélations d’un ancien employé alertant sur la course vers une super-intelligence incontrôlable qui “joue avec nos vies”, Anthropic tente de rassurer sur les garde-fous de son IA, Claude. Si l’entreprise affirme avoir réussi à bloquer les dérives de ses modèles dans un rapport de 161 pages, les cas documentés font tout de même froid dans le dos : missiles balistiques, recherches sur des virus, surveillance de masse, cyberattaques…
Dans ce document couvrant la période de décembre 2025 à août 2026, Anthropic expose les détournements les plus alarmants subis par ses modèles d’IA. La société prévient d’emblée : “Les cas que nous présentons ici ne relèvent pas d’un usage abusif classique, mais illustrent les activités de menace les plus marquantes et inédites que nous avons identifiées à ce jour”.
Parmi les exemples évoqués, l’entreprise cite notamment le cas du Yémen, où une cellule des rebelles houthis a exploité Claude pour concevoir une roquette guidée et un missile balistique d’une portée supérieure à 2 000 km, interrogeant même l’IA pour analyser l’échec d’un tir d’essai. En Russie, des développeurs ont programmé des essaims de drones kamikazes capables d’identifier et de frapper une cible sans intervention humaine.
Sur le plan biologique, les modèles d’Anthropic ont été sollicités pour rédiger une demande de subvention scientifique visant à optimiser des mutations génétiques sur le virus du chikungunya afin d’accroître sa transmissibilité, mais aussi pour “rendre l’agent pathogène plus dangereux”.
Côté désinformation et cyberespionnage, Anthropic a repéré des réseaux de propagande politique (Russie, Iran, Turquie…) utilisant Claude pour préparer en amont des centaines de faux profils. Au Mali, les services de renseignement ont quant à eux conçu un outil avec l’IA pour surveiller environ 25 millions de cartes SIM sans mandat judiciaire.
En parallèle, un hacker a fait décompiler 1,8 million d’applications Android par Claude pour dérober des identifiants oubliés. Des acteurs chinois de la tech comme DeepSeek ou Alibaba ont de leur côté siphonné des millions d’échanges pour entraîner leurs modèles, faisant répondre Claude à leurs clients à leur insu. Anthropic ajoute au passage avoir vu transiter des identifiants actifs du ministère russe de la Défense et les vidéos de caméras filmant des sites de l’armée chinoise à Chengdu.
Si certaines requêtes ont été bloquées en amont, la majorité de ces projets ont tourné pendant des semaines avant d’être coupés. Bien que la société assure avoir durci depuis les garde-fous de ses derniers modèles, elle admet que le risque grandit : “À mesure que les modèles deviennent plus performants, leurs risques vont augmenter”.
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