// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Une quarantaine de blessés, la piste d'un acte malveillant, le trafic perturbé... Ce que l'on sait après le déraillement d'un TER reliant Rouen à Caen
Selon les premiers éléments de l'enquête, un rail a été retrouvé sur la voie empruntée par ce train qui transportait 186 passagers.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Un lourd bilan et de nombreuses questions. Quarante-quatre personnes ont été blessées, dont une jeune femme évacuée "en urgence absolue", dans le déraillement d'un train entre Rouen et Caen vendredi 11 septembre, selon la préfecture de Seine-Maritime et le parquet. Le déraillement a eu lieu entre Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon (Seine-Maritime), vers 19h45. Une enquête, confiée à la police judiciaire de Rouen, a été ouverte. Un rail a été retrouvé sur place et les enquêteurs privilégient la piste d'un acte malveillant, selon les premiers éléments recueillis par franceinfo et France Télévisions auprès de sources policières et judiciaires. Voici ce que l'on sait de cet accident.
Un TER (Transport express régional) qui assurait une liaison entre Rouen et Caen a déraillé vendredi en début de soirée. L'accident a eu lieu vers 19h45 au niveau de la commune de Cléon, au sud de Rouen. "D'un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c'est devenu de plus en plus fort", a témoigné Louis, l'un des passagers, auprès d'ICI Normandie. "Je ne tenais plus sur mon siège (...). Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon. C'était vraiment choquant, j'en tremble encore."
Déraillement d'un TER en Seine-Maritime : "Je pensais que j'allais mourir", raconte un passager évacué
"Quand on est sortis, on a vu des essieux de train directement posés sur les voies, tous les grillages étaient défoncés sur 200-300 mètres après le passage à niveau. On a compris que c'était le wagon de tête qui avait pivoté au moment de l'impact et qui avait emmené tout le reste du train. On a reçu un choc, d'un coup tout tremblait, c'était assez fort", a décrit, toujours auprès d'ICI Normandie, Baptiste, un autre passager de ce TER qui transportait 186 personnes sur deux rames.
Une passagère de 18 ans a été "évacuée en urgence absolue" et 43 autres voyageurs ont été "pris en charge en urgence relative", a annoncé le procureur de Rouen, Sébastien Gallois, dans un communiqué. Dans un premier temps, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait fait état d'un bilan d'environ 20 personnes blessées.
La victime la plus sérieusement blessée a été héliportée vers le CHU de Rouen, qui se trouve à 20 km de Cléon. Les autres blessés ont pu être pris en charge par les nombreux secours présents sur place : 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été déployés. Un plan blanc "sectoriel", qui concerne les urgences, a été déclenché au CHU de Rouen, selon ICI Normandie. "Les personnes indemnes ont été conduites dans une salle mise à disposition par la maire de Cléon", a expliqué de son côté la préfecture, qui a déclenché le plan Orsec nombreuses victimes (Novi).
La police judiciaire de Rouen a été saisie d'une enquête en recherche des causes de blessures graves, a annoncé le parquet. Les enquêteurs ont effectué les premières constatations au niveau du TER. Des "dépistages" d'alcool et de stupéfiants sur le conducteur du train se sont révélés "tous négatifs", selon le procureur Sébastien Gallois. La procureure adjointe, Marie-Valérie Albert, a de son côté prévenu que l'enquête allait "être longue".
La piste d'un acte malveillant est privilégiée par les enquêteurs, ont appris franceinfo et France Télévisions auprès de sources policière et judiciaire. Selon les premiers éléments, un rail a été retrouvé sur place et l'hypothèse privilégiée est qu'il a été déplacé et posé sur la voie. La SNCF a dit qu'elle apporterait à l'enquête "tout son concours en toute transparence".