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"Quoi qu'il ait fait, il restera toujours mon fils" : au procès de Loïk Le Priol, le père de l'accusé oscille entre soutien et excuses
Vendredi, au cinquième jour de ce procès, Denis Le Priol a raconté comment l'armée avait transformé son fils. Il a présenté ses excuses à la famille de Federico Martin Aramburu, tué le 19 mars 2022.
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"Il m'a raconté sa version des faits, pour moi c'est la bonne (...) Qu'il s'est fait agresser et qu'il s'est défendu." Vendredi 11 septembre, Denis Le Priol s'est livré avec spontanéité sur son fils, Loïk, poursuivi pour assassinat. L'ancien militaire et militant d'ultradroite de 32 ans a tiré six fois sur Federico Martin Aramburu, au petit matin du 19 mars 2022, après une bagarre entamée dans un bar parisien. Le rugbyman argentin, touché à quatre reprises, est mort de l'une de ces balles, mais n'était pas armé lors du drame. Devant la cour d'assises de Paris, les déclarations du père sont venues éclairer la personnalité de l'accusé, mais surtout son environnement familial.
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"C'est extrêmement dur de parler devant vous ici", assure Denis Le Priol, pendant que Loïk le regarde. En tant que "père de famille", il présente ses excuses à la famille de l'ancien international argentin, sorti ce soir-là avec un autre rugbyman, son ami Shaun Hegarty. Car il n'a pas "réussi à éviter ça". Pour lui, aujourd'hui, deux familles sont désormais "déchirées". "Deux familles détruites pour une connerie d'ivrognes à 6 heures du matin", estime-t-il, gagné par l'émotion.
Le sexagénaire répète le mot "connerie" pour qualifier les coups de feu de la nuit tragique du Mabillon, le bar du quartier Saint-Germain-des-Près, où tous étaient initialement attablés. "Loïk, quoi qu'il ait fait, reste et restera toujours mon fils. Je le soutiendrai toujours car c'est mon rôle de chef de famille", assure-t-il. Denis Le Priol explique qu'il lui rend visite une fois par mois, depuis sa mise en détention provisoire en 2022. Avant de s'épancher sur le parcours de son fils.
Enfant, qui était Loïk Le Priol ? "Un gamin gentil, allant vers les autres." L'ancien parachutiste fait ensuite les louanges d'un fils au "parcours militaire fabuleux". Un peu plus tôt vendredi, Alpha 56, un témoin anonyme, interrogé par la cour pour retracer le CV militaire de Loïk Le Priol, a néanmoins nuancé ce constat. Il décrit plutôt une carrière "en dents de scie". D'un côté, Loïk Le Priol avait "des compétences et une détermination". De l'autre, ses notations n'étaient "pas très bonnes". Il avait des "difficultés d'intégration", un "excès de confiance" et du mal à respecter les "valeurs militaires".
Chez les Le Priol, poursuit Denis, l'armée et ses valeurs font partie de l'ADN familial. "Nos ancêtres se sont battus pour la France, mes deux grands-pères ont eu la Légion d'honneur après la guerre de 14-18", retrace-t-il. Mais les missions de Loïk Le Priol au Sahel et à Djibouti, en tant que commando marine, l'ont profondément changé. Il "me faisait penser à un chien de gardiennage, toujours aux aguets. La guerre l'a transformé, ce n'était plus le même garçon", lance le père de l'accusé.
Denis Le Priol est par la suite interrogé sur les problèmes d'alcool de son fils. "Sa mère s'en est rendu compte plus que moi", concède-t-il. En 2015, Loïk Le Priol a eu un accident de la route en étant alcoolisé, blessant gravement une amie à bord du véhicule. Romain Bouvier, accusé dans ce procès de tentative d'assassinat, était alors passager du véhicule.
Cette même année, les deux coaccusés ont commis des violences en réunion sur Edouard Klein, ancien chef du mouvement d'ultradroite Groupe union défense (GUD), dissous en 2024. Pour ces faits, ils ont été condamnés en 2022 à respectivement deux et trois ans de prison ferme . Selon le père de Loïk Le Priol, il est impossible son fils ait fait partie du GUD durant sa jeunesse : "Il était souvent en mission [avec l'armée]. Matériellement, je ne voi