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Déraillement d'un TER en Seine-Maritime : "On est passé à côté d'une catastrophe très grave", assure le syndicat SUD-Rail
"Il aurait pu y avoir des morts." Après le déraillement d'un TER vendredi soir en Seine-Maritime, le secrétaire fédéral de SUD-Rail Fabien Villedieu estime que l'accident aurait pu avoir des conséquences bien plus graves. Quarante-quatre personnes ont été blessées. L'enquête se poursuit notamment pour comprendre comment un morceau de rail a pu se retrouver sur les voies.
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"On est passé à côté d'une catastrophe très grave", assure ce dimanche matin sur franceinfo Fabien Villedieu, secrétaire fédéral du syndicat SUD-Rail, après le déraillement d'un TER vendredi soir en Seine-Maritime qui a fait 44 blessés, dont une adolescente de 18 ans plus gravement touchée.
"Des déraillements ça arrive à la SNCF, poursuit Fabien Villedieu, mais généralement le train reste sur place. Il tombe dans le ballast", en référence au lit de pierres concassées sur les voies ferrées. Mais là, ce qui alerte le syndicaliste, c'est qu'une partie du train s'est couchée : "Quand le train se couche, là, c'est très grave. Je peux vous dire que dans notre malheur, on a eu énormément de chance [...] Il aurait pu y avoir des morts, heureusement qu'il n'y en a pas eus".
Concernant la présence, sur un des rails de la voie, d'un morceau d'un autre rail, Fabien Villedieu rejoint la position d'Hervé Morin. Le président de la région Normandie assurait samedi qu'un autre train était passé plus tôt sur ces mêmes rails vendredi sans qu'il n'y ait de problème. Il ajoutait que pour déplacer un bout de rail aussi lourd "entre 250 et 300 kilos", "ça ne se fait pas tout seul". Un avis partagé par le syndicaliste ce dimanche : "On sait qu'il n'y avait pas de zone de travaux et qu'un train était passé une heure avant", confirme-t-il avant d'ajouter : "Il y a bien un moment donné où quelqu'un, ou plusieurs personnes, ont dû déposer ce rail sur un autre rail. Ça n'arrive pas là par hasard, ça ne tombe pas du ciel". Il espère désormais que les enquêteurs trouveront "rapidement" qui est responsable.
Déraillement d'un TER en Seine-Maritime : la piste de l'acte malveillant privilégiée par les enquêteurs
Questionné sur la sécurisation des voies, Fabien Villedieu estime que "c'est très compliqué parce qu'on a 30 000 km de voie" en France et qu'on "ne peut pas mettre des cheminots tous les 100 mètres". "Les voies sont ouvertes à tous, le réseau ferroviaire traverse des forêts, des villages...", rappelle-t-il. Pour lui, la sécurisation des voies passe avant tout par "des questions d'effectifs". Il estime que "plus il y a de tournées de sécurité" qui sont faites et mieux c'est : "Parfois, des accidents ferroviaires sont évités - et les gens ne s'en rendent pas compte - parce qu'un cheminot est passé [à un endroit] dans le cadre d'une tournée et a vu quelque chose qu'il a signalé et donc on a arrêté la circulation et on est intervenus". "On peut créer la chance en ayant des effectifs adéquats", conclut-il.
Samedi soir, le parquet de Rouen indiquait dans un communiqué qu'"à ce stade, aucun élément ne permet d'évoquer [...] un attentat". Selon le ministère public, les investigations menées jusqu'à présent "n'ont apporté aucun élément nouveau sur les causes de la présence - sur un des rails de la voie - d'un morceau d'un autre rail". L'enquête se poursuit donc. Concernant les blessés, le procureur indiquait samedi soir que la principale victime de l'accident, la jeune femme de 18 ans, "évacuée en urgence absolue" par hélicoptère vendredi soir vers le CHU de Rouen était "toujours hospitalisée, mais les craintes pour sa vie ou une infirmité grave sont maintenant écartées". Samedi, en milieu d'après-midi, "trois autres personnes étaient hospitalisées, sans gravité."
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