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Des milliers de batteries solaires reliées en « centrale virtuelle » pour faire baisser l’électricité
Dans de nombreux pays, les principales motivations ayant favorisé l’adoption du solaire sont progressivement abandonnées. En France, par exemple, les primes à l’autoconsommation ont été supprimées et la revente du surplus d’électricité solaire rapporte désormais beaucoup moins. Pour rentabiliser leur installation, les foyers se tournent donc davantage vers les systèmes équipés de batteries, dont les énergéticiens peuvent aussi désormais tirer parti.
À mesure qu’elles se multiplient, ces installations avec stockage peuvent devenir des actifs pour les fournisseurs d’énergie. Certains agrègent les batteries solaires installées chez les particuliers afin de les transformer en centrales électriques virtuelles capables de soutenir le réseau.
Coordonnées depuis une même plateforme, ces installations décentralisées peuvent alors fonctionner comme une seule centrale répondant directement aux besoins du système électrique. Cette nouvelle utilisation possible des batteries résidentielles pourrait même contribuer à ralentir un phénomène qui met à mal le secteur de l’électricité : le « supercycle » des prix.
Un « supercycle » des prix de l’électricité est une période prolongée durant laquelle les prix restent élevés ou suivent une tendance haussière. Il peut être déclenché par des transformations importantes du marché, aussi bien du côté de l’offre que de la demande.
Actuellement, les perturbations liées à la guerre entre l’Iran et les États-Unis sont souvent pointées du doigt comme facteurs susceptibles d’alimenter ce supercycle, en raison de leurs répercussions sur le secteur énergétique. Mais selon Antonio Occhionero, investisseur canadien spécialisé dans la transition énergétique et auteur d’une tribune publiée le 7 septembre sur Reuters, la hausse des prix pourrait surtout perdurer sous l’effet de l’augmentation de la demande d’électricité.
D’après les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation mondiale d’électricité devrait augmenter de 19 % entre 2025 et 2030. Cette progression sera principalement portée par l’électrification des usages et la multiplication des centres de données. Le problème est que les infrastructures électriques pourraient avoir du mal à suivre le rythme de cette croissance.
La réponse la plus évidente à cette hausse de la demande serait d’augmenter les capacités de production et de réseau. Mais entre la construction d’une nouvelle centrale et sa mise en service, plusieurs années peuvent s’écouler. De plus, les investissements nécessaires pour développer de nouvelles infrastructures électriques sont colossaux, et des goulots d’étranglement au niveau de la chaîne d’approvisionnement continuent de persister.
C’est dans ce contexte de déséquilibre entre progression de la demande et lenteur des nouvelles capacités que les ressources énergétiques décentralisées peuvent intervenir, via les centrales électriques virtuelles notamment. Réunies au sein d’une même plateforme de gestion, les batteries solaires résidentielles représentent facilement plusieurs mégawatts. Leur puissance est assez élevée pour agir à l’échelle du réseau électrique, en fournissant de l’électricité lors des heures de pointe, et en absorbant l’électricité lorsque le prix du marché est avantageux.
Les batteries ne produisant pas elles-mêmes d’électricité, elles ne peuvent évidemment pas répondre directement à la hausse de la demande qui alimente le supercycle des prix. Elles peuvent en revanche réduire les besoins en nouvelles capacités destinées à couvrir les pics de consommation.
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