// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Les États-Unis ont des armes dans l'espace : ce qu'on peut déduire de ce que Washington refuse de dire
Depuis mars, le commandement spatial américain organise une série d'exercices de guerre orbitale inédits, associant pour la première fois une soixantaine d'entreprises privées. Le premier simulait l'explosion d'une bombe nucléaire en orbite, un scénario improbable mais dont les conséquences catastrophiques justifient que l'on s'y prépare.... Lire la suite
L’espace est désormais un terrain stratégique, où les satellites civils et militaires ont un rôle essentiel. Pour mieux les protéger, la France développe Yoda, un programme du Commandement de l’espace, dont les deux premiers satellites patrouilleurs-guetteurs devraient être lancés d’ici 2030.... Lire la suite
Journaliste, télépilote professionnel de drones et réalisateur de documentaires
C’est un coup de tonnerre dans le silence de l’espace. Les États-Unis viennent d’affirmer qu’ils disposent d’armes en orbite. Une annonce qui fait immédiatement réagir la Russie et la Chine. Mais de quoi s’agit-il et pourquoi cette annonce marque l’entrée dans une nouvelle ère.
« Nous renforçons notre préparation face aux menaces actuelles, et les États-Unis disposent d'armes de contrôle spatial en orbite capables de défendre les forces interarmées contre toute action hostile. » Avec cette annonce, faite le 14 septembre par le secrétaire américain à l'Air Force, Troy Meink, lors d'un discours à la Conférence aérospatiale et cybernétique au sud de Washington, les États-Unis confirment pour la première fois avoir déployé des armes dans l'espace.
Cette mise en garde est clairement destinée à la Russie et à la Chine, et les deux pays y ont rapidement réagi. Mais de quelles armes spatiales s'agit-il ? Sur ce point, Troy Meink est resté volontairement vague. Il n'a précisé ni la nature, ni le nombre, ni l'emplacement des systèmes en question.
Depuis mars, le commandement spatial américain organise une série d'exercices de guerre orbitale inédits, associant pour la première fois une soixantaine d'entreprises privées. Le premier simulait l'explosion d'une bombe nucléaire en orbite, un scénario improbable mais dont les conséquences catastrophiques justifient que l'on s'y prépare.... Lire la suite
Ce qui est sûr, c'est que désormais Washington reconnaît disposer de capacités orbitales destinées à défendre ses satellites et à contrer une action adverse.
Le terme employé, « contrôle spatial », recouvre un large éventail d'outils pouvant être embarqués dans un satellite. Il peut désigner des brouilleurs capables de couper des communications ou de perturber des signaux GPS, des lasers destinés à aveugler les capteurs d'un satellite, des cyberattaques contre ses systèmes de commande, ou encore des satellites manœuvrants, capables de s'approcher d'un autre engin.
À priori, il n'est pas question de détruire des satellites adverses avec des missiles, même si les États-Unis, la Chine et la Russie peuvent le faire et l'ont déjà testé. Et pour cause : détruire un satellite est plutôt contreproductif, puisqu'il va générer de nombreux débris susceptibles de mettre en danger de nombreux autres engins spatiaux, y compris ceux du pays qui a lancé le missile.