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Actualité : Voyage habité sur Mars : des scientifiques ont réussi à créer du carburant pour fusées avec l'air de la planète
Envoyer des astronautes sur Mars, on sait faire. Les ramener, c'est une autre histoire. Des chercheurs américains viennent de tester en laboratoire un procédé capable de fabriquer du carburant pour fusées directement sur place, à partir de l'atmosphère de la planète rouge.
© Triff - Les futures missions habitées vers Mars devront résoudre une équation logistique colossale : comment assurer le voyage retour sans emporter tout le carburant depuis la Terre.
Ramener des astronautes de Mars suppose d'emporter une quantité colossale de carburant depuis la Terre, ou d'en fabriquer sur place. Une équipe de l'Université du Mississippi et de Texas A&M vient de démontrer qu'un procédé électrochimique pouvait convertir le dioxyde de carbone, qui compose 96 % de l'atmosphère martienne, en méthane suffisamment pur pour alimenter un moteur de fusée. Le même méthane qu'utilisent, sous forme liquide, les moteurs Raptor du Starship de SpaceX.
Le principe repose sur la réduction électrochimique : un courant électrique traverse une cellule où le CO₂ est converti en composés carbonés. Le choix du catalyseur détermine ce qui sort du réacteur. L'équipe d'Ahmed Badreldin, professeur assistant en génie chimique à Ole Miss, a mis au point des nanoclusters de cuivre dopés à l'azote, environ cent mille fois plus petits que l'épaisseur d'un cheveu humain. Résultat : le méthane produit atteint une pureté proche du grade propergol, sans raffinerie embarquée.
On ne peut pas tout emporter depuis la Terre, parce que chaque kilogramme supplémentaire ajoute un coût et une complexité énormes au lancement. La question devient : comment fabriquer les carburants nécessaires à l'exploration spatiale à partir des ressources déjà disponibles sur place ?
Le processus en un coup d'œil : des nanoparticules de cuivre sont chauffées à 550 °C jusqu'à former des grains des milliers de fois plus petits, capables de convertir le CO₂ en méthane quasi pur.
C'est tout l'enjeu. Sur Terre, on sait séparer le méthane des sous-produits indésirables grâce à des installations industrielles. Sur Mars, ce luxe n'existera pas. Le propergol devra sortir propre du réacteur, ou il sera inutilisable.
L'étude, publiée en avril 2026 dans la revue ACS Catalysis, ouvre aussi des perspectives au sol. Carter Racine, doctorant en génie mécanique à Texas A&M et co-auteur des travaux, souligne que la même technique pourrait produire du méthane synthétique à partir du CO₂ atmosphérique terrestre, en circuit quasi fermé. L'aviation, où les batteries restent trop lourdes pour les vols long-courriers, figure parmi les secteurs visés.
Prochaine étape : des tests en conditions martiennes simulées, financés par une bourse NASA EPSCoR. La fiabilité sur le long terme et l'intégration avec des sources d'énergie solaire ou nucléaire restent les verrous à lever.
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