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Des Maserati électriques conçues avec Huawei : le projet fou pour relancer (ou enterrer) le Trident
Maserati traverse la pire passe de son histoire récente. En 2025, la marque au trident est passée sous les 8 000 voitures livrées dans le monde, un plongeon de plus de 80 % par rapport à son pic de 2017 et son plus bas niveau depuis plus de dix ans.
Côté comptes, les résultats financiers de Stellantis confirment une perte opérationnelle ajustée atteignant 198 millions d’euros et une marge s’établissant à -27,3 % en 2025, soit près de 27 euros perdus à chaque tranche de 100 euros vendue. Antonio Filosa, le CEO de Stellantis, répète depuis juin qu’il veut des partenaires industriels pour Maserati, mais qu’il ne vendra pas la marque.
C’est ici qu’entrent en scène Huawei et JAC (Jianghuai Automobile), un constructeur chinois installé à Hefei. D’après Future Cars Daily, média auto du groupe 36Kr qui a sorti l’information ce jeudi 17 septembre, Maserati aurait bouclé le plan de deux modèles 100 % électriques : un grand SUV et une GT, cette dernière partant favorite pour ouvrir le bal, complétant la gamme actuelle des GranTurismo et Grecale Folgore.
Pour rappel, Huawei s’est créé un discret empire dans l’automobile chinoise. Plutôt que de créer ses propres voitures de A à Z, comme le fait Xiaomi, la stratégie est de collaborer avec des marques déjà existantes en fournissant écrans, OS et aides à la conduite.
Sous la marque ombrelle « HIMA », Huawei a déjà tissé cinq marques avec cinq constructeurs chinois. L’une d’elles, Maextro, vend un rival de la Mercedes-Maybach, la S800, à partir de 708 000 yuans (environ 91 000 euros). Bref, le tandem JAC-Huawei sait déjà bâtir une vraie limousine de luxe.
Le montage industriel est malin. Les caisses en blanc – carrosseries nues et non peintes – sortiraient de l’usine JAC de Hefei avant d’être expédiées en Italie pour l’assemblage final : intérieurs cousus main, calibration du châssis, tout ce qui fait la force de Maserati.
Ce modèle SKD (semi knocked down, ou semi-assemblé) permet de tirer les coûts vers le bas tout en réactivant les usines historiques de Cassino et de Modène. Les premiers marchés visés seraient le Moyen-Orient, l’Italie, la France et l’Allemagne.
Reste un choix qui interroge. En Chine, ces voitures seraient vendues sous la marque Maextro ; à l’international, elles garderaient le badge Maserati. Un grand écart de positionnement qui pose une vraie question de cohérence pour une marque dont toute la valeur tient à son nom.
Reste que le partenaire chinois n’est pas au sommet de sa forme. HIMA (Harmony Intelligent Mobility Alliance), l’alliance qui regroupe Huawei et cinq constructeurs chinois, dont Aito (Seres), Luxeed (Chery) et donc Maextro (JAC), a livré 42 101 véhicules en août 2026, en baisse de 5,52 % sur un an et pour son troisième mois de recul consécutif.
Sur les huit premiers mois de l’année, le cumul grimpe tout de même à 329 739 unités, en hausse de 11,4 %, et l’alliance a dépassé 1,52 million de voitures écoulées depuis ses débuts. Ses deux nouveaux monospaces Maextro, les V800 et V680, lancés le 5 août, ont réuni plus de 3 500 commandes fermes en 24 heures.