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La rhinoplastie a beaucoup changé : voici comment les chirurgiens opèrent aujourd’hui pour garder un nez naturel
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La rhinoplastie contemporaine connaît une évolution majeure. Pendant une grande partie du XXe siècle, la correction d’un nez bossu reposait principalement sur la résection : on retirait la bosse ostéocartilagineuse, on fracturait les os propres nasaux pour affiner l'arête, puis on reconstruisait si nécessaire le tiers moyen à l’aide de greffons. Cette approche, issue notamment de la rhinoplastie dite « classique » ou de réduction, a permis d’obtenir de nombreux résultats satisfaisants. Elle pouvait toutefois entraîner une perte de soutien, un rétrécissement de la valve interne, une déformation en « V inversé » ou encore un aspect artificiellement opéré.
Les deux inventeurs de la rhinoplastie esthétique sont l'Américain Orlando ROE et l'Allemand Jacques Joseph au début du XXe siècle. On se sert encore des instruments inventés par Jacques Joseph, qui fut le premier à opérer des patients pour des raisons purement esthétiques parce qu'ils étaient complexés par un trop grand nez.
Les techniques récentes cherchent davantage à respecter l'anatomie native du nez. Elles ne constituent pas une méthode unique, mais plutôt un ensemble de stratégies : rhinoplastie de préservation, rhinoplastie structurelle moderne, techniques hybrides, chirurgie ultrasonique et approches à cicatrices limitées. Leur objectif commun est d'adapter le geste à l'anatomie du patient, plutôt que d'appliquer systématiquement une réduction standardisée.
La rhinoplastie de préservation est souvent présentée comme une innovation récente. Son principe est cependant beaucoup plus ancien. Dès 1899, J.-L. Goodale décrivait une méthode de correction de la « bosse romaine » dans laquelle le dorsum osseux était abaissé en conservant une partie de son architecture. Cette technique, connue ultérieurement sous le nom de « push-down », consistait à mobiliser la pyramide nasale, puis à l'importer vers le bas. En 1914, Lothrop proposa une technique de type « let-down », dans laquelle l'abaissement était obtenu par la réalisation d'ostéotomies à la base de la pyramide nasale.
Maurice Cottle reprit et développa ces concepts dans les années 1950. Dans son article de 1954 consacré à la réparation du toit nasal et à l'ablation de la bosse, il associait la septoplastie à une mobilisation de la voûte osseuse. Malgré cet héritage, ces méthodes furent progressivement délaissées au profit des rhinoplasties de résection, puis des rhinoplasties structurelles ouvertes, qui offraient une exposition plus directe et une courbe d'apprentissage souvent plus accessible.
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Le regain d'intérêt pour la préservation dorsale s'est véritablement produit au début du XXIe siècle. Jorge Ishida a notamment décrit, en 1999, une méthode de réduction de la bosse avec conservation de la voute médiane du nez.
Puis, en 2018, Yves Saban, Rollin Daniel et leurs collaborateurs ont contribué à populariser une version modernisée de la technique « push-down », dans une publication portant sur une série clinique importante. La même année, Rollin Daniel a contribué à consacrer l'expression « préservation rhinoplasty », tandis que Baris Cakir en a largement diffusé les principes anatom