// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Le nombre de personnes tuées par balle par la police et la gendarmerie est-il "stable, voire en baisse", comme le dit Laurent Nunez ?
Le ministre de l'Intérieur réagissait au lendemain d'une manifestation contre la proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
C'est une bataille de chiffres. Alors que dimanche 20 septembre, des dizaines de milliers de Français ont manifesté contre la proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre, l'accusant d'être un permis de tuer, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a affirmé, lundi 21 septembre sur BFM TV que les forces de l'ordre ne tuent pas davantage aujourd'hui qu'avant : "La France insoumise vous explique que les tirs d'arme, les morts par arme à feu du fait de la police et de la gendarmerie ont explosé. C'est faux. Les chiffres sont stables, voire en baisse".
En réalité, la déclaration de Laurent Nunez est à nuancer. Le ministre de l'Intérieur dit plutôt vrai si on parle des gendarmes. Selon l'Inspection générale de la gendarmerie (IGGN), ils tuent, ou ils "neutralisent", sept ou huit personnes par an, avec leurs armes à feu. C'est en effet assez stable, malgré un plus bas à deux personnes en 2019, et un pic à 12 personnes en 2024. En revanche, concernant les policiers, Laurent Nunez se trompe. Selon les derniers rapports de la police des polices (IGPN), le nombre de tirs mortels a plutôt tendance à augmenter. Les policiers ont abattu huit personnes par armes à feu en 2019 et c'est monté à deux fois plus en 2024. Les chiffres officiels pour l'année 2025 ne sont pas encore connus, ils seront publiés mercredi 23 septembre.
La France insoumise, dont Laurent Nunez conteste les chiffres, ne dénonce pas seulement les morts par arme à feu imputables aux gendarmes et policiers. Le parti accuse les forces de l'ordre d'avoir provoqué la mort de centaines de personnes ces dernières années. "Depuis 20 ans, 562 personnes sont mortes lors d’interventions des forces de l’ordre", affirme l'eurodéputée LFI Manon Aubry dans une vidéo postée sur Youtube samedi 19 septembre.
Manon Aubry fait référence à la base de données constituée par le média Basta, qui recense lui-même tous les tués par la police lors de refus d'obtempérer, de contrôles d'identité, en garde à vue ou autre, à cause de malaises, d'arrêts cardiaques, d'armes létales ou non létales. C'est le travail le plus complet à ce sujet. Ces chiffres sont même un peu plus hauts puisqu'on compte environ 600 personnes tuées au cours des missions des policiers ou des gendarmes ces 20 dernières années, sans compter les auteurs d'attentats terroristes. Ces chiffres sont en constante augmentation et sont passés de 10 morts lors des interventions des forces de l'ordre en 2005, à une cinquantaine par an ces dernières années.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
Des bénévoles venus aider les pompiers à lutter contre les incendies ont-ils vraiment été refoulés, comme le racontent des internautes ?
Renards, faon, écureuils... Attention à ces fausses images d'animaux sauvages sauvés des incendies
Le nombre de tués par la police pour des refus d'obtempérer a-t-il été multiplié par cinq depuis 2017 ?