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Microsoft prend ses distances avec Copilot+ PC, entre promesses déçues et flambée de la RAM
Deux ans après avoir présenté les Copilot+ PC comme l’avenir de Windows, Microsoft commence à effacer cette appellation de ses propres machines. Une évolution discrète pour un label qui n’a jamais vraiment trouvé sa place auprès du public, alors que la flambée de la mémoire vive complique encore l’équation.
Le PC du futur, c’était hier. Lancé en mai 2024 pour distinguer les ordinateurs capables d’exécuter certaines fonctions d’IA en local, le label Copilot+ PC disparaît progressivement de la communication autour des ordinateurs portables de Microsoft. Brett Ostrum, responsable de la gamme Surface, l’a confirmé à Windows Central : les nouvelles machines ne sont plus désignées ainsi, même lorsqu’elles respectent toujours les critères techniques du programme.
Microsoft ne renonce donc pas à l’IA dans Windows. Il semble surtout avoir décidé de moins en faire un argument marketing à part entière.
Pour mériter l’appellation Copilot+ PC, un ordinateur devait notamment disposer d’au moins 16 Go de mémoire vive et d’un NPU, une unité spécialisée dans les calculs d’IA, capable d’atteindre au moins 40 TOPS (voir notre FAQ en bas de l'article).
Ce minimum de RAM pouvait sembler raisonnable en 2024. Il devient autrement plus difficile à imposer sur les machines abordables avec l’envolée des prix de la mémoire. En juillet, TrendForce anticipait encore une hausse de 13 à 18% des tarifs contractuels de la DRAM conventionnelle au troisième trimestre par rapport au précédent, notamment parce que les fabricants privilégient les besoins des serveurs dédiés à l'IA.
L’intelligence artificielle contribue donc à renchérir les composants des ordinateurs censés la démocratiser. Et Microsoft illustre lui-même le problème : ses Surface Laptop 13 pouces et Surface Pro 12 pouces existent désormais en versions 8 Go, qui ne répondent donc plus du tout aux exigences de Copilot+.
Difficile donc de faire la promotion de nouvelles exigences techniques pour les PC grand public et professionnels, et d’avoir dans son catalogue des produits qui n’y répondent clairement pas.
Le problème est aussi celui d’une promesse mal comprise. Entre les « PC IA », les machines équipées de Copilot et les Copilot+ PC, difficile pour le grand public de comprendre ce que ce dernier label garantissait réellement.
D’autant que l’assistant Copilot fonctionne depuis un simple navigateur, sans avoir besoin d’un ordinateur particulier. Le label Copilot+ PC ne désignait donc pas un Copilot plus performant, mais une configuration ouvrant l’accès à certaines fonctions de Windows reposant sur le NPU, comme Recall, Cocreator dans Paint, les sous-titres traduits ou certains effets vidéo. Des outils parfois pratiques, mais qui ne donnaient pas nécessairement envie de remplacer un PC qui fonctionne bien.
Et puis il y a eu l'affaire Recall. Présentée comme l’une des fonctions vedettes des Copilot+ PC, cette mémoire visuelle capable de retrouver des éléments précédemment affichés à l’écran a surtout soulevé de sérieuses inquiétudes sur la confidentialité. Microsoft a dû repousser son lancement et revoir les protections avec un fonctionnement facultatif et des données conservées localement. L’entreprise a depuis corrigé une partie de sa copie, mais le mal était fait pour une marque qui devait incarner une nouvelle génération d’ordinateurs.