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Disney+ mis en demeure : Que Choisir exige des remboursements pour la perte de la 4K
Sur le papier, l’offre Premium de Disney+ justifie ses 5 euros de plus par mois face à l’offre Standard à 10,99 euros par deux arguments : quatre écrans en simultané au lieu de deux, et une image nettement meilleure. En France, ce second argument a fondu en quelques mois. Et les abonnés n’ont reçu aucune compensation générale.
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Que Choisir Ensemble, l’association de consommateurs connue jusqu’ici sous le nom d’UFC-Que Choisir, exige donc que Disney rétablisse ces formats ou baisse son prix. Elle réclame aussi un dédommagement pour tous les abonnés concernés.
Les abonnés Premium ont perdu trois technologies sur la plateforme de streaming. Le HDR (High Dynamic Range) élargit l’écart entre les zones les plus sombres et les plus lumineuses de l’image. Le Dolby Vision est une version plus poussée du HDR, qui ajuste la luminosité et le contraste scène par scène. La 4K, elle, affiche quatre fois plus de pixels que le Full HD (1080p). Il reste donc aux abonnés Premium le Dolby Atmos, un son spatialisé disponible sur une partie du catalogue, et les deux écrans supplémentaires.
Disney n’a pas retiré ces formats de son plein gré. InterDigital, une entreprise américaine fondée en 1972, vit des licences de ses brevets dans la vidéo et les réseaux sans fil. Elle développe d’ailleurs une partie de ses technologies en France, dans son laboratoire de Rennes.
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Le cœur du litige s’appelle HEVC, ou H.265. Ce format de compression vidéo permet de faire tenir un flux 4K HDR dans une connexion internet ordinaire. InterDigital, qui détient des brevets sur plusieurs de ses méthodes d’encodage, ainsi que sur une technologie HDR, a expliqué à Que Choisir que les négociations avec Disney durent depuis plusieurs années, mais que leurs « échanges n’ont pas abouti ».
Chaque décision de justice s’est traduite, quelques semaines plus tard, par un format en moins sur Disney+ en France :
Dans son rapport trimestriel déposé auprès de la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, InterDigital précise que les deux tribunaux européens ont qualifié Disney d’unwilling licensee. En d’autres termes, les juges ont estimé que Disney refusait de négocier une licence de bonne foi. Disney peut encore faire appel de ces décisions.
Une mise en demeure est une lettre formelle, prévue par l’article 1344 du Code civil, qui somme une entreprise de respecter ses engagements. Elle n’a rien d’une condamnation et n’impose aucune amende. En revanche, elle met les reproches par écrit et fixe un délai. Si l’entreprise ne fait rien, c’est souvent la dernière étape avant une action en justice.